Malgré un froid glacial, le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a inauguré son mandat le 1er janvier 2026 en réaffirmant sa vision d’une ville inclusive et abordable, défiant ainsi les appels au réalisme et les craintes liées à son programme ambitieux.
La cérémonie d’investiture, qui s’est déroulée devant l’hôtel de ville, a rassemblé des dizaines de milliers de personnes, bravant des températures particulièrement basses. L’avocat public Jumaane Williams et le contrôleur Mark Levine, présents sur l’estrade, ont eux aussi défié le froid, contrairement à de nombreux spectateurs qui se sont agités pour se réchauffer.
Après avoir été intronisé par la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, Zohran Mamdani a mis en avant la diversité comme un atout majeur de la ville. Mark Levine a souligné l’importance de cette diversité en notant que les serments avaient été prononcés à l’aide d’un Coran, d’une Bible chrétienne et d’un Choumach, ou Bible hébraïque. Il a également insisté sur le contraste entre la prospérité des plus aisés et les difficultés croissantes rencontrées par les familles ouvrières.
Le nouveau maire a également réaffirmé l’engagement de New York à rester un refuge pour les exilés, rappelant que la cérémonie se déroulait à quelques pas de Federal Plaza, lieu de nombreuses épreuves pour les migrants. Il a évoqué l’exemple de Maurice Bishop, révolutionnaire grenadien, qui avait défendu des idéaux socialistes tels que le logement, les soins de santé et l’éducation, affirmant que « les révolutionnaires n’ont pas le droit d’être des lâches ».
L’intervention du sénateur Bernie Sanders a renforcé ce message, soulignant qu’il n’était pas radical de garantir un logement abordable, des services de garde d’enfants de qualité et un accès aux soins pour tous. La foule a d’ailleurs répondu par des chants en faveur d’une taxation accrue des plus riches, ce que l’épouse du maire, Rama Duwaji, a approuvé d’un signe de tête.
Zohran Mamdani a clairement exposé sa ligne politique, déclarant qu’il gouvernerait en tant que socialiste démocrate et qu’il ne renoncerait pas à ses principes par crainte d’être qualifié de radical. Il a insisté sur le fait que le véritable radicalisme résidait dans un système qui favorisait une minorité au détriment du plus grand nombre.
Le nouveau maire a adressé un message aux habitants de New York, affirmant qu’il entendait les voix de ceux qui vivent dans les petits appartements de Flushing, les salons de coiffure de l’Est de New York, les hôpitaux de Mott Haven et les bibliothèques d’El Barrio, des quartiers trop souvent négligés. Il a promis de gouverner avec audace et de ne pas avoir peur d’essayer, même si le succès n’était pas garanti.
Bien que son élection ait suscité de grands espoirs, Zohran Mamdani a reconnu que la concrétisation de ses promesses dépendrait de sa capacité à agir au sein de l’administration. La gouverneure Kathy Hochul, dont le soutien financier sera crucial pour mettre en œuvre son programme, a observé la foule avec un mélange d’admiration et d’envie.
