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Je l’ai gardé caché du monde extérieur

by Nicolas Lefèvre

Publié le 14 novembre 2025 05:11:00. Une équipe d’archéologues a mis au jour une sépulture viking exceptionnelle dans un champ de la région d’Ørland, en Norvège, révélant une femme enterrée avec des bijoux et un arrangement funéraire singulier impliquant des coquilles de Saint-Jacques.

  • La découverte d’une femme enterrée au VIIIe siècle avec un ensemble de bijoux et des coquilles de Saint-Jacques placées de manière inhabituelle près de sa bouche.
  • La rareté de la conservation de squelettes complets et la singularité de l’arrangement funéraire, qui n’a jamais été observé auparavant en Norvège.
  • La découverte d’une autre tombe à proximité, suggérant la présence d’un cimetière viking plus vaste dans la région.

C’est à Val, dans la commune d’Ørland, que cette découverte archéologique a eu lieu. Les archéologues du Musée des sciences de l’Université norvégienne de science et de technologie (NTNU) ont mis au jour une tombe datant de l’âge du fer, à seulement 20 centimètres sous la surface. La découverte d’un squelette complet avait déjà suscité l’enthousiasme, mais c’est la découverte d’une seconde tombe, quelques jours plus tard, qui a véritablement interpellé les chercheurs.

Raymond Sauvage, archéologue et chef de projet au Musée des sciences du NTNU, explique :

« Nous allions juste vérifier un autre site. Quand j’ai vu les photos, j’ai immédiatement vu la suggestion d’un squelette – et de ce qui ressemblait à des écailles sur la tête. Puis j’ai pensé : “Bon sang, qu’est-ce que c’est que ça ?”

La tombe contenait les restes d’une femme, probablement décédée vers l’an 850, enterrée avec un costume et un ensemble de bijoux typiques de l’époque viking. Deux boucles de ceinture ovales, caractéristiques des femmes mariées de l’aristocratie paysanne, ont également été retrouvées. Mais ce qui a particulièrement attiré l’attention des archéologues, ce sont les deux gros coquillages de Saint-Jacques placés de chaque côté de la mâchoire de la défunte, le côté incurvé vers l’extérieur et le bord droit vers le haut.

Selon Sauvage, cette découverte est unique en son genre :

« La découverte est parmi les plus rares et tout à fait unique dans le contexte norvégien. »

Il a consulté d’anciens rapports sans trouver de cas similaires. Des fragments de coquilles de Saint-Jacques ont été retrouvés sur d’autres sites en Norvège, mais leur disposition et leur signification restent incertaines.

Les archéologues pensent que l’arrangement funéraire pourrait avoir une signification rituelle.

« Les rituels funéraires de l’époque viking étaient des mises en scène rituelles. Il était important de savoir comment la personne décédée était présentée avec des vêtements et des objets de costume. Les morts étaient mis en scène, par exemple pour souligner le pouvoir de la famille vis-à-vis des voisins.

Des petits os d’oiseaux, probablement des restes d’ailes, ont également été découverts autour du squelette. Les chercheurs supposent qu’ils pourraient avoir été utilisés pour confectionner un vêtement ou un matelas de plumes. La conservation de ces os est particulièrement remarquable, compte tenu des conditions du sol norvégien.

La découverte de cette tombe est d’autant plus importante qu’elle a été réalisée juste à temps. Un fossé creusé dans les années 1960 avait déjà endommagé une partie du squelette, et l’agriculture moderne menaçait de détruire complètement le site. Grâce à un financement supplémentaire de l’Office national des antiquités, l’équipe du NTNU a pu mener à bien des fouilles complètes et sécuriser les vestiges.

Les archéologues espèrent désormais pouvoir déterminer si la femme enterrée à Val était liée à un autre squelette découvert plus tôt dans l’année, à une dizaine de mètres de là. Des prélèvements d’ADN sont en cours pour établir un lien de parenté potentiel.

« Peut-être qu’ils sont liés. Ou peut-être qu’elle venait de l’extérieur et qu’elle était mariée à la famille de Val.

Cette découverte offre un aperçu précieux de la vie et des coutumes des Vikings en Norvège et promet de nouvelles révélations sur les pratiques funéraires de cette époque. Gemini a été le premier média à rendre compte de cette découverte.

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