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« Je n’ai pas fabriqué de boîte en verre depuis des années » – The Irish Times

Publié le 3 janvier 2025 à 21h30. L’architecte Dermot Bannon est de retour à la télévision avec une nouvelle saison de « Room to Improvement », où il accompagne des familles irlandaises dans la transformation de leurs maisons,…

« Je n’ai pas fabriqué de boîte en verre depuis des années » – The Irish Times

Publié le 3 janvier 2025 à 21h30. L’architecte Dermot Bannon est de retour à la télévision avec une nouvelle saison de « Room to Improvement », où il accompagne des familles irlandaises dans la transformation de leurs maisons, révélant les défis et les joies de la rénovation.

  • La nouvelle saison, qui débute ce dimanche sur RTÉ One, met en scène Norita et Louis O’Donoghue, un couple de Dublin, et leur projet de rénovation d’une maison des années 1950.
  • L’émission explore les aspects pratiques et émotionnels de la rénovation, des contraintes budgétaires aux choix de conception, en passant par les tensions potentielles au sein du couple.
  • Dermot Bannon revient sur son expérience et partage sa philosophie de l’architecture, axée sur la compréhension des besoins et des aspirations des habitants.

Dans la banlieue nord de Dublin, à Raheny, l’équipe de « Room to Improvement » s’affaire à filmer les dernières étapes de la transformation de la maison de Norita et Louis O’Donoghue. L’architecte Dermot Bannon, entouré de Norita, enseignante, et de son mari Louis, employé municipal, discute des derniers détails du projet, tout en dégustant un sandwich. L’ambiance est détendue, mais l’équipe est concentrée sur la préparation des séquences à venir.

« C’est un peu comme les Kardashian ici », plaisante Bannon, amusé par l’attention qu’il suscite. L’équipe de tournage filme les moments clés : la présentation de la maison rénovée au couple, les interviews de Norita et Louis sur leur expérience, et enfin, la fête organisée en présence de leurs amis et de leur famille.

Cette maison représente le deuxième projet présenté dans la 17e saison de l’émission. L’idée de « Room to Improvement » est née il y a près de 20 ans, de l’esprit de Linda Cullen, de Coco Content, la société de production. À l’époque, la crise financière de 2008 avait rendu difficile la réalisation d’une autre émission, « House Hunters », mais elle a permis de mettre l’accent sur la rénovation et l’agrandissement des maisons, une solution prisée par de nombreux Irlandais disposant de comptes d’épargne garantis par l’État (SSIA) avec une prime de 25 %.

Norita et Louis O’Donoghue ont emménagé dans cette maison de type semi-mitoyenne des années 1950 en 2017, avec l’intention de la rénover. Ils sont ravis du résultat. La question des désaccords sur les plans est souvent posée, confie Norita, tout comme celle du respect du budget.

« Il n’y a pas eu beaucoup de conflits sur le design », explique Louis. « En revanche, il y a eu des discussions sur le coût. J’étais celui qui veillait à ne pas dépasser les limites. Norita a pu se permettre de rêver à des options plus luxueuses, tandis que je restais concentré sur les chiffres. »

Louis O’Donoghue, employé municipal

Bannon a-t-il eu tendance à augmenter le budget ? « Je pense qu’une grande partie du budget dépend du client », répond Norita. « On a tendance à se dire : ‘Autant en profiter !’ On pense à la vie que l’on va passer ici. »

L’équipe de tournage est en pleine action, capturant les réactions du couple face à leur nouvelle maison. Bannon, avec un clin d’œil, souligne l’appétit de l’équipe pour les sandwichs, en référence à la situation financière délicate de RTÉ après sa récente crise financière.

« Dermot est un personnage très atypique. Il est charmant. Il est adorable. Mais, en termes de programme, il permet en réalité de montrer les défauts et les failles. »

Linda Cullen, Coco Content

Jane Wardrop, la productrice de l’émission, explique que le format a évolué au fil des ans, passant d’une demi-heure à une heure, et que l’ampleur des projets a augmenté. « Je me souviens que le premier épisode coûtait 20 000 € – un retournement de situation où la cuisine est devenue le salon et vice versa », raconte-t-elle. « Et maintenant, c’est bien différent. »

Pourquoi l’émission rencontre-t-elle un tel succès ? « Je ne suis pas sûre », avoue Wardrop. « Dermot a toujours été passionné. Il est obsédé par certains détails et il veut faire les choses bien. Il aime ce qu’il fait, et ça se sent. On se laisse prendre au jeu. Et puis, ne sommes-nous pas tous fascinés par les maisons ? »

Claire Irwin, la métreur de « Room to Improvement », souligne que l’émission est populaire car elle est pertinente. « Beaucoup de gens dans tout le pays vivent dans des maisons de type semi-mitoyenne et cherchent à les agrandir ou à les améliorer. L’émission ne se concentre pas sur des projets extravagants à 1,5 million d’euros. Elle reflète les aspirations de la personne moyenne. »

Pour Norita et Louis, le processus de tournage a été une expérience à part entière. « J’étais un peu mal à l’aise au début », confie Norita. « J’avais l’impression de répéter les mêmes réponses à chaque question. »

« Nous filmons parfois 10 heures par jour, pendant 10 jours, ce qui représente 100 heures de séquences pour 52 minutes d’émission », explique Bannon. « Il y a beaucoup de montage, beaucoup de scénarios qui ne sont jamais montrés. C’est normal. Un programme télévisé a besoin de temps pour être intéressant. J’ai appris ça. Il faut créer un problème, le débattre, puis proposer une solution. »

Le couple craint-il que leurs choix et leurs goûts soient jugés ? Norita rit. « Ça ne me dérange pas, parce que je le fais moi-même quand je regarde d’autres émissions ! »

Le processus de casting est crucial, explique Cullen. « On recherche des gens qui ne vont pas se bloquer, qui sont ouverts et qui pourraient donner du fil à retordre à Dermot. On aime un peu de tension, mais pas trop. »

« Le premier jour, vous nous avez mis à l’épreuve », se souvient Louis en s’adressant à Bannon. « En partant, on se demandait si on allait être retenus. »

« J’ai été un peu agressif avec vous au début », répond Bannon. « J’avais besoin de comprendre pourquoi ce projet était important pour vous. Si vous ne résolvez pas ce problème, tout s’effondre. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans la maison. »

« Quand on travaille pour la télévision, il faut être capable de raconter une histoire. Il faut être capable de me dire, en une minute, ce qui ne va pas dans cette maison. Cela peut être un peu comme une thérapie. »

Quel était le problème avec la maison ? « Il faisait glacial », répond Norita. « Et il y avait une terrasse à l’arrière, mais elle était déconnectée du reste de la maison. On aimait être dehors, mais on ne pouvait pas la voir depuis l’intérieur. »

Bannon explique comment ils ont construit le magnifique pavillon de cuisine, avec ses hauts plafonds et ses grandes fenêtres, qui offre une vue imprenable sur le jardin.

« On peut traverser la maison et finir ici, au milieu de toutes les plantes », dit-il. « Mon travail est réussi si je réponds aux besoins réels des gens. Beaucoup de gens me disent : ‘J’ai vu cette maison’ ou ‘J’aimerais que la mienne ressemble à ça’. Mais quels sont vos véritables problèmes avec votre maison ? Il faut aller au cœur de ce qui vous irrite et vous dérange. Pour vous, c’était cette déconnexion : ‘Je déteste vivre ici parce que je ne peux pas accéder à mon jardin, je ne peux pas le voir’. »

« J’avais l’impression que tu voulais vraiment nous connaître », répond Norita. « En faisant ça, tu as compris ce qui nous intéressait et ce dont nous avions besoin en termes de style de vie. Ce n’était pas seulement une construction : c’était quelque chose de plus intime. »

Le couple emménagera avec ses trois filles demain. « On a aussi un chien », ajoute Norita. « On essaie de trouver où il va dormir. »

« S’il voit directement dehors, il va aboyer contre tout », répond Louis.

« C’est le problème avec les fenêtres Bannon », plaisante-je. « Les Irlandais aiment vivre dans le noir. »

« Ils veulent juste des ennuis », soupire Bannon.

Louis rit. « Les gens disaient : ‘Vous aurez une boîte en verre si vous travaillez avec Dermot.’ J’ai répondu : ‘Si je construisais une extension, je serais idiot de ne pas mettre de fenêtres.’ »

« Je n’ai pas construit de boîte en verre depuis des années », déclare Bannon. « C’est un pavillon. »

Et le pavillon, loin d’être une boîte en verre, est un espace lumineux et accueillant que Louis et Norita adorent.

La nouvelle série de « Room to Improvement » débute sur RTÉ One et RTÉ Player le dimanche 4 janvier à 21h30.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.