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je viens de copier le modèle du vaisseau Starship

by Amélie Bernard

Publié le 31 décembre 2025 à 19h00. La Chine ambitionne désormais de rivaliser ouvertement avec SpaceX dans la course à la conquête spatiale, en développant des fusées réutilisables de nouvelle génération, voire en s’inspirant directement de son modèle le plus ambitieux, le Starship.

  • Plusieurs entreprises chinoises dévoilent des projets de fusées réutilisables, initialement calqués sur le Falcon 9 de SpaceX, mais s’orientent désormais vers des conceptions similaires au Starship.
  • Le gouvernement chinois a revu la conception de sa fusée super-lourde Longue Marche 9, en optant pour un système entièrement réutilisable en acier inoxydable.
  • Des entreprises privées comme Cosmosaut et Pierre Astron présentent des fusées aux caractéristiques rappelant fortement celles de SpaceX, jusqu’à adopter des noms évocateurs comme “Vaisseau spatial-1”.

Pendant des années, le programme spatial chinois a progressé avec une certaine discrétion, présentant des lanceurs qui, sans être ouvertement revendiqué, rappelaient fortement les modèles de SpaceX. Cette approche plus réservée semble désormais révolue. Plusieurs entreprises chinoises affichent désormais ouvertement leurs ambitions et leurs projets.

L’objectif affiché est de reproduire le concept du Starship, le lanceur le plus puissant jamais conçu, développé par SpaceX. Elon Musk ambitionne de redéfinir l’accès à l’espace grâce à cette fusée entièrement réutilisable, et la Chine semble désormais vouloir suivre cette voie.

Le phénomène s’est intensifié ces derniers mois. Presque chaque semaine, une nouvelle entreprise chinoise dévoile un projet, accompagné d’images de synthèse et de promesses d’atteindre l’orbite terrestre en quelques années seulement. Pendant un temps, la plupart de ces projets ressemblaient étrangement au Falcon 9, le lanceur que SpaceX perfectionne depuis plus d’une décennie.

La première fusée explicitement inspirée de ce modèle, la Zhuque-3, développée par LandSpace, a décollé début décembre pour sa première tentative d’atteindre l’orbite. La mission s’est globalement bien déroulée, malgré un échec de l’atterrissage du premier étage, un résultat prévisible pour un premier vol.

Cependant, l’année 2024 a marqué un tournant. Alors que SpaceX s’efforce de dépasser le Falcon 9 et de se concentrer sur le Starship, la Chine a également modifié sa stratégie. Il ne s’agit plus seulement de copier les technologies existantes, mais de maîtriser celles de demain.

En novembre 2024, le gouvernement chinois a annoncé une réévaluation approfondie de la conception de la fusée super-lourde Longue Marche 9. Initialement prévue comme un lanceur à usage unique, doté de trois étages et de puissants propulseurs à propergol solide, la conception a évolué vers un système entièrement réutilisable, fabriqué en acier inoxydable et présentant des similitudes architecturales avec le Starship de SpaceX.

Au même moment, plusieurs entreprises privées ont emboîté le pas. Chine.com rapporte que Cosmosaut a annoncé son intention de développer une fusée entièrement réutilisable baptisée Leap. Sa présentation mettait en avant une tour d’assemblage similaire à celle utilisée par SpaceX dans sa base texane.

En juin, l’entreprise Pierre Astron a été encore plus audacieuse, présentant une fusée en acier inoxydable propulsée au méthane et dotée d’un système de récupération identique à celui de SpaceX. L’entreprise n’a pas cherché à dissimuler ces similitudes, affirmant que son approche technique s’alignait sur celle de son homologue américain. Transparence ou simple imitation ?

Voici à quoi ressemble le soi-disant Starship-1Voici à quoi ressemble le soi-disant Starship-1
China.com

La dernière révélation en date est celle de Beijing Leading Rocket Technology, qui a récemment présenté son dernier modèle de fusée. Le nom ? Vaisseau spatial-1. La seule distinction revendiquée par l’entreprise est de qualifier son véhicule spatial de « fusée IA entièrement réutilisable ».

Pour l’instant, ces entreprises ne visent pas à construire des lanceurs géants dès le départ, mais plutôt des versions réduites du Starship de SpaceX. Bien que leur démarche puisse sembler audacieuse, la fabrication d’une fusée de plusieurs dizaines de mètres et de centaines de tonnes représente un défi considérable.

Il est important de souligner que même les versions réduites du Starship sont extrêmement complexes. Il est probable que de nombreux projets ne dépasseront pas le stade de la conception, des présentations aux investisseurs et des simulations numériques. Un scénario déjà observé aux États-Unis il y a une décennie, où seules quelques entreprises ont réussi à mettre une fusée en orbite.

Le système financier chinois est différent de celui américain, mais les investisseurs recherchent toujours une croissance et des rendements à long terme. Copier le leader du marché semble logique : ils veulent être le SpaceX chinois, et la meilleure façon de vendre cette idée est de construire quelque chose qui y ressemble le plus possible.

La question cruciale est de savoir si cette approche sera suffisante. Même SpaceX, avec ses ressources considérables et plus de dix ans d’expérience dans le domaine des fusées réutilisables, continue de peaufiner le Starship. Chaque test est une avancée, mais souligne également la complexité du développement d’un système aérospatial aussi ambitieux.

Il n’est pas garanti que cette conception fonctionne aussi bien dans des versions plus petites. La réduction des dimensions ne simplifie pas toujours les choses. Certains éléments clés, comme l’aérodynamisme ou la protection thermique, pourraient perdre de leur efficacité. C’est pourquoi d’autres entreprises ont opté pour des solutions techniques différentes de celles de SpaceX.

La Chine a déjà démontré sa capacité à apprendre rapidement et à produire efficacement. Cependant, reproduire une fusée super-lourde représente un défi colossal, nécessitant des moteurs fiables, des commandes de vol précises, des boucliers thermiques robustes et des opérations rapides et économiques. C’est là que l’on distingue clairement ceux qui innovent et ceux qui se contentent de suivre un chemin tracé.

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