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Jens Stoltenberg, ministre des Finances Jens Stoltenberg

Publié le 23 octobre 2025 à 22h10. Alors que le Parti travailliste norvégien est secoué par des tensions budgétaires, son ancien dirigeant, Jens Stoltenberg, a dressé un tableau saisissant de l'évolution de la guerre moderne, soulignant le rôle…

Jens Stoltenberg, ministre des Finances Jens Stoltenberg

Publié le 23 octobre 2025 à 22h10. Alors que le Parti travailliste norvégien est secoué par des tensions budgétaires, son ancien dirigeant, Jens Stoltenberg, a dressé un tableau saisissant de l’évolution de la guerre moderne, soulignant le rôle croissant des drones et l’enseignement inattendu que l’Ukraine dispense à l’OTAN.

  • Jens Stoltenberg estime que le conflit en Ukraine marque une rupture avec les modes de guerre traditionnels, combinant des éléments de la Première et de la Troisième Guerre mondiale.
  • L’Ukraine est passée d’un pays peu équipé en drones à un producteur de quatre millions d’unités par an, et partage son expertise avec les pays de l’OTAN.
  • Stoltenberg a révélé une conversation difficile avec le président Zelensky, qui lui avait demandé de fermer l’espace aérien ukrainien, une requête refusée par l’OTAN.

Dans un entretien accordé à Fredrik Skavlan et diffusé sur SVT, l’ancien secrétaire général de l’OTAN a abordé la guerre en Ukraine, les relations avec la Russie et les défis auxquels l’alliance est confrontée. L’interview a été menée alors que le Parti travailliste norvégien était en pleine crise budgétaire, accusé de ne pas tenir ses promesses électorales.

Stoltenberg a insisté sur le caractère inédit du conflit ukrainien :

« Ce à quoi nous assistons en Ukraine est un nouveau type de guerre. C’est un mélange de la Première Guerre mondiale avec les tranchées et la boue, et de la Troisième Guerre mondiale avec les drones et l’intelligence artificielle. »

Il a souligné la transformation rapide de l’Ukraine en matière de drones :

« L’Ukraine fabrique désormais environ quatre millions de drones par an. Ce sont des systèmes extrêmement avancés, souvent développés par des jeunes qui maîtrisent les données et les fabriquent eux-mêmes. »

L’OTAN soutient la formation d’Ukrainiens sur son territoire, mais Stoltenberg a reconnu que l’Ukraine est en train de devenir un centre d’expertise en matière de guerre des drones, enseignant aux pays occidentaux des tactiques et des stratégies innovantes.

L’ancien chef de l’OTAN a également évoqué les discussions qu’il a eues avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky peu après le début de l’invasion russe. Zelensky avait alors demandé à l’OTAN de fermer l’espace aérien ukrainien, une demande que Stoltenberg a dû refuser, craignant une escalade du conflit :

« Il a dit : « Je comprends que l’OTAN ne peut pas envoyer de forces, mais pourriez-vous s’il vous plaît fermer l’espace aérien et vous assurer que les avions russes ne peuvent pas voler ? Nous pouvons nous tenir debout au sol si vous prenez l’air. » »

Stoltenberg a expliqué que bloquer l’espace aérien aurait nécessité d’abattre des avions russes, ce qui aurait entraîné une guerre directe entre l’OTAN et la Russie.

L’entretien a également abordé les tensions avec la Russie, Stoltenberg révélant qu’il avait été informé dès l’automne 2021 des intentions d’invasion de l’Ukraine. Il a rappelé que Poutine avait exigé que l’OTAN ferme la porte à de nouveaux membres, notamment la Suède, et retire ses forces d’Europe de l’Est. Selon Stoltenberg, ces exigences étaient inacceptables, car elles visaient à donner à la Russie un contrôle total sur l’Ukraine.

Stoltenberg a également partagé des anecdotes sur ses rencontres avec l’ancien président américain Donald Trump, qu’il a décrit comme direct et imprévisible. Trump lui aurait notamment demandé :

« Pourquoi sommes-nous en Afghanistan ? »

Stoltenberg a répondu qu’ils étaient là pour lutter contre le terrorisme, ce qui a conduit à une discussion sur la nécessité d’être présent dans tous les pays où se trouvent des terroristes.

Enfin, Stoltenberg a évoqué les derniers mots de son père, l’ancien ministre des Affaires étrangères Thorvald Stoltenberg, qui lui avait conseillé de « parler aux Russes ». Il a conclu en affirmant qu’à terme, des négociations avec la Russie seront nécessaires pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

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L’épisode de « Skavlan & Suède » a été diffusé jeudi sur SVT et sera rediffusé sur NRK vendredi soir.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.