Home DivertissementJohn & Yoko/Plastic Ono Band’s Power To The People reviewed: New York protest period revisited in opulent – but omissive – boxset

John & Yoko/Plastic Ono Band’s Power To The People reviewed: New York protest period revisited in opulent – but omissive – boxset

by Antoine Girard

La réédition du catalogue de John Lennon continue avec un coffret consacré à l’album Some Time In New York City, mais pas sans controverse : une chanson jugée inacceptable aujourd’hui a été retirée, modifiant ainsi la perception de cette période créative de l’artiste.

Le cœur du problème réside dans le titre « Woman Is The N***** Of The World », publié en 1972. Considéré comme choquant à l’époque, il est devenu inenvisageable dans le contexte actuel. Cette censure a conduit à un réagencement des sorties, le coffret Power To The People étant retardé au profit d’autres projets. Le résultat est une version expurgée de l’album, sans la moindre mention de la chanson litigieuse dans les notes de pochette, hormis une reproduction de la couverture originale.

Cette décision, bien que délicate, s’accompagne d’un effort de compensation : le coffret propose 92 titres inédits. Outre une nouvelle interprétation de Some Time In New York City, rebaptisé simplement New York City, on retrouve les traditionnelles versions « Evolution » et « Element » de l’album. L’ensemble est complété par des enregistrements quasi complets de deux concerts « One To One » donnés au Madison Square Garden en août 1972 (initialement sortis sous le titre Live In New York City et ici restaurés), ainsi qu’un disque hybride de 17 morceaux réunissant les meilleurs moments des deux performances.

Cette période new-yorkaise, radicalement différente de la création de l’album Imagine, se caractérise par une approche spontanée et engagée. John Lennon et Yoko Ono ont soutenu diverses causes militantes à travers des interviews, des concerts de bienfaisance et des chansons. Some Time In New York City, présenté à l’époque sous la forme d’un journal, abordait des sujets d’actualité tels que la situation en Irlande, les prisons, les droits civiques, le féminisme et l’injustice sous toutes ses formes. Les chansons étaient souvent écrites et enregistrées en un temps record avec le groupe Elephant’s Memory, connu pour sa participation à la bande originale du film Midnight Cowboy, avec l’apport de Jim Keltner à la batterie.

La nouvelle version de l’album ouvre sur « New York City » et propose des versions plus longues de « Sunday Bloody Sunday », enrichie d’un outro chaotique et puissant, et de « John Sinclair », rallongée de deux minutes (contenant, de manière surprenante, le mot « gook » dans ses paroles). Ces interventions semblent authentiques et justifiées. Le remastering met en valeur la voix de Lennon tout en préservant l’émotion brute du son original.

Les versions « Evolution » sont particulièrement intéressantes, offrant un aperçu du processus créatif de Lennon, depuis les premières démos jusqu’aux versions finales produites avec Phil Spector. Yoko Ono, avec une lucidité remarquable, déclare lors de l’enregistrement de « Born In A Prison », l’une des chansons les plus fortes de l’album : « Je vais chanter soit dans le style Liza Minnelli, soit dans le style Yoko Ono… ». Lennon, quant à lui, lance après l’enregistrement de « Sunday Bloody Sunday » : « Désolé Paul, c’est fini maintenant », en référence à la chanson de Paul McCartney, « Give Ireland Back To The Irish ».

Les concerts « One To One » et Live Jam 2 constituent un ajout bienvenu au répertoire live limité de Lennon. Studio Jam, qui présente des reprises de rock’n’roll, est divertissant, mais l’intérêt réside surtout dans Home Jam : des fragments d’enregistrements domestiques, des appels téléphoniques et les conversations animées de Lennon. Les archives de Get Back ont révélé que Lennon était constamment en performance, toujours en action. Il s’amuse même à déclarer : « Maintenant, nous aimerions changer d’ambiance et passer à quelque chose de plus léger comme… l’asphalte ».

Le coffret se termine sur quatre moments exceptionnels : Lennon accompagnant Phil Ochs à l’hôtel St Regis en octobre 1971 sur « I Ain’t Marching Anymore », « Joe Hill », « Chords Of Fame » et « Ringing Of Revolution ». Lennon, inhabituellement silencieux, se concentre sur son jeu de guitare rythmique et écoute attentivement les chansons simples mais percutantes d’Ochs sur l’injustice. Dans ce silence, le concept de Some Time In New York City prend forme.

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