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Publié le 15 octobre 2025 à 09h17. Face à l’inflation, les prêts sur gages attirent, mais une enquête de la Chambre du travail de Vienne révèle des frais cachés et un manque de transparence qui peuvent coûter cher aux emprunteurs.

  • Les taux d’intérêt effectifs peuvent atteindre 60 % par an, en raison de frais multiples et d’une facturation parfois mensuelle, voire bimensuelle.
  • L’étude de la Chambre du travail a mis en évidence des défauts graves dans les contrats, notamment des informations incomplètes ou inexistantes sur les coûts.
  • La valorisation des objets mis en gage varie considérablement d’un prêteur sur gages à l’autre.

L’augmentation du coût de la vie pousse de nombreux ménages à rechercher des solutions de financement rapides. Le prêt sur gages, qui consiste à déposer un objet de valeur en échange d’une somme d’argent, peut sembler une option facile. Cependant, une récente enquête menée par la Chambre du travail de Vienne (AK) met en garde contre les risques liés à ce type de crédit, soulignant un manque de transparence et des coûts souvent plus élevés que prévu.

L’AK a testé sept prêteurs sur gages viennois en hypothéquant des cahiers et des pièces d’or, puis en les rachetant. Les résultats sont alarmants : la valorisation des objets gagés varie considérablement. Les prêts proposés pour les trois cahiers se situaient entre 50 et 150 euros, tandis que les pièces d’or étaient évaluées entre 326 et 425 euros. Seuls deux des sept contrats de prêt indiquaient clairement les taux d’intérêt en pourcentage.

Selon Christian Prantner, défenseur des droits des consommateurs à l’AK, les informations sur les coûts sont souvent difficiles d’accès.

« Bien que les intérêts et les dépenses exacts soient généralement visibles dans la feuille d’honoraires sur le site Web du prêteur sur gages, tous les fournisseurs n’étaient pas présents sur Internet – et il faut savoir à l’avance qu’une feuille d’honoraires peut y être trouvée. »

Christian Prantner, défenseur des droits des consommateurs à l’AK

L’étude a révélé des défauts majeurs dans certains contrats. Dans un cas, une note de bas de page renvoyait aux conditions générales au dos du document, mais celles-ci étaient inexistantes. D’autres contrats contenaient des informations incomplètes sur les frais. Un acheteur test s’est même vu renvoyer vers un avis juridique pour obtenir des éclaircissements, un document difficile à déchiffrer en raison de sa petite taille.

Les taux d’intérêt et les frais de manipulation peuvent varier entre 3,5 et 5 % par mois, ce qui équivaut à un taux annuel effectif de 42 à 60 %. Un prêteur sur gages a particulièrement attiré l’attention de l’AK en affichant un taux mensuel de 1,5 %, alors que le contrôle a révélé des coûts réels de 7 %. L’AK souligne que les taux d’intérêt sont souvent indiqués par demi-mois, ce qui équivaut à une double facturation mensuelle. En plus des intérêts, les emprunteurs doivent également faire attention aux frais supplémentaires, tels que les frais d’émission, de clôture, de stockage ou de traitement, qui peuvent atteindre plusieurs euros par mois.

Lors de la restitution des biens mis en gage, de nouveaux problèmes sont apparus. Les intérêts n’étaient jamais calculés au jour près, mais toujours au moins pour le demi-mois commencé, même si le dépôt avait été retiré plus tôt. De plus, les reçus de retour ne contenaient souvent pas de liste claire des frais réels facturés.

« Notre étude de l’AK révèle d’importants manques de transparence. Il faut plus de clarté – étant donné les taux d’intérêt annuels pouvant atteindre 60 % et les nombreux frais supplémentaires ! »

Christian Prantner, défenseur des droits des consommateurs à l’AK

La Chambre du travail réclame donc l’adoption de normes juridiques claires pour la présentation des frais de prêt sur gages, afin de protéger les consommateurs et d’assurer une plus grande transparence dans ce secteur.

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Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.
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