En attendant la décision de justice » : Nagui retire les chansons de Patrick Bruel de «
Le 28 mai 2026, Nagui a retiré les chansons de Patrick Bruel de l'émission « N’oubliez pas les paroles » sur France 2. Cette décision, assortie de mesures similaires chez RFM et RMC, intervient alors que le chanteur…
Le 28 mai 2026, Nagui a retiré les chansons de Patrick Bruel de l’émission « N’oubliez pas les paroles » sur France 2. Cette décision, assortie de mesures similaires chez RFM et RMC, intervient alors que le chanteur fait face à au moins treize plaintes pour viols et agressions sexuelles, selon plusieurs médias français.
L’effacement est brutal et coordonné. En l’espace de quelques heures, le paysage médiatique français a opéré une mise au silence quasi totale de l’un de ses visages les plus familiers. Pour Nagui, producteur et présentateur historique de son jeu depuis 2007, la logique est celle de la prudence judiciaire. Il a confirmé au Parisien que les titres de Patrick Bruel étaient suspendus en attendant que la justice tranche, précisant que les épisodes déjà enregistrés avant le dépôt des plaintes seraient maintenus.
L’impact est massif pour un programme qui compte plus de 6 000 épisodes. Des tubes comme Casser la voix, Place des grands hommes ou Qui a le droit, piliers du catalogue et favoris des candidats, disparaissent des playlists. Ce n’est pas un premier pour Nagui, qui avait déjà appliqué ce protocole avec Jean-Luc Lahaye, Slimane ou Bertrand Cantat.
Le retrait massif des antennes : RFM, RMC et Bel RTL
cluster (priority): rts.ch
L’onde de choc s’est propagée instantanément aux radios. Selon Ouest-France, RFM a officiellement supprimé les titres du chanteur, alors même que la station en avait diffusé près de 100 depuis le début de l’année 2026. Alain Liberty, directeur général des radios musicales de Lagardère Radio, a justifié cette décision par la nécessité d’attendre l’examen des faits par la justice.
RMC a suivi le mouvement le 28 mai. D’autres acteurs avaient anticipé ce virage : la station Ici (ex-France Bleu) avait cessé toute diffusion dès le début du mois d’avril, tandis qu’en Belgique, Bel RTL a opté pour une « suspension momentanée ». La radio Nostalgie, qui diffusait jusqu’à 14 titres par semaine en mars, étudie actuellement un retrait provisoire.
L’industrie ne se contente plus d’attendre un verdict ; elle gère un risque d’image devenu insoutenable.
Treize plaintes et trente témoignages : l’ampleur du dossier
cluster (priority): parismatch.com
Ce barrage médiatique s’appuie sur un dossier judiciaire lourd. Au moins treize plaintes ont été déposées pour agressions sexuelles, tentatives de viol ou viols, dont douze sur le territoire français. Au-delà des procédures, une trentaine de femmes ont brisé le silence via Mediapart et le magazine Elle, relatant des faits s’étalant sur près de trente ans, entre 1991 et 2019.
Le profil des victimes semble suivre un schéma récurrent : des femmes jeunes, souvent célibataires, attirées par le charme et l’influence de l’artiste. Comme le rapporte Paris Match, le chanteur aurait utilisé son statut de séducteur pour cibler des femmes admiratives, cherchant parfois des conseils ou des relations professionnelles.
Parmi ces témoignages, celui d’Ophélie Fajfer est particulièrement critique. En 2015, alors âgée de 19 ans et rencontrée sur le tournage d’un clip des Enfoirés, elle accuse Patrick Bruel de l’avoir agressée sexuellement et violée dans sa maison de L’Isle-sur-la-Sorgue. Si l’affaire avait été classée sans suite le 15 novembre 2022, elle a été rouverte récemment.
Un autre récit, celui d’une femme prénommée Anne, remonte à 1995. Elle avait 16 ans lors d’une relation sexuelle avec l’artiste, alors âgé de 36 ans, un acte qu’elle qualifie aujourd’hui de non consentie.
Le témoignage d’une bénévole : « rôder comme un prédateur »
Nagui lâche Bruel : la décision qui secoue toute la télé française !
L’un des angles les plus troublants de l’affaire provient d’un témoignage recueilli par la RTS. Mathéa Léger, qui était bénévole pour le spectacle des Enfoirés à Lyon en 2012, affirme que les comportements du chanteur étaient connus de la production.
Elle raconte avoir été briefée par l’organisation avant de monter sur scène pour prévenir les jeunes filles d’une possible tentative d’approche.
« On nous a dit: pour celle de vous deux qui va tomber dans le bateau de Patrick Bruel, il va tenter quelque chose »
Mathéa Léger, témoin, via RTS
Selon Mathéa Léger, l’inquiétude s’est confirmée lorsque Patrick Bruel a tenté de convaincre une bénévole de le suivre dans ses loges, avant d’être stoppé par un membre de la production.
« Et à la suite de ça, il venait rôder, comme un prédateur, dans l’espace bénévole. »
Mathéa Léger, témoin, via RTS
Le témoignage décrit un climat de peur en coulisses où la production se serait accommodée des agissements de la star. Mathéa Léger affirme avoir vu le chanteur scanner les groupes de VIP pour sélectionner ses cibles et l’avoir vu emmener des femmes aux toilettes.
Entre combat judiciaire et chute publique
cluster (priority): news.google.com
Face à cet effondrement, Patrick Bruel adopte une posture de combat. Proches de l’artiste décrivent un homme qui a hâte de faire face à la justice pour contester ces accusations. Dans les rues de Paris, il se déplace désormais sur son scooter, la visière opaque baissée pour masquer son visage.
Cependant, la réalité matérielle est implacable. Même si ses spectacles, comme la pièce Deuxième partie au théâtre Édouard-VII, affichent complet jusqu’au 7 juin, le soutien institutionnel s’évapore. Le passage du statut d’idole nationale — l’ère de la « Bruelmania » lancée en 1989 — à celui de paria médiatique s’est accéléré en quelques semaines.
Le risque pour l’artiste n’est plus seulement judiciaire, mais existentiel pour sa carrière. La multiplication des plaintes et la réouverture de dossiers classés, comme celui d’Ophélie Fajfer, placent Patrick Bruel dans une position où le silence des radios et des plateaux TV ne sera probablement pas temporaire, mais le prélude à une exclusion durable du service public.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.