Publié le 12 octobre 2025 à 00h32. L’industrie sidérurgique sud-coréenne, fragilisée par la concurrence chinoise et les droits de douane américains, attend avec inquiétude l’adoption d’une loi cruciale, la « K-Steel Act », dont le retard suscite des craintes quant à sa survie.
- Le retard d’adoption de la loi K-Steel met en péril la compétitivité de l’industrie sidérurgique nationale.
- Les entreprises sud-coréennes sont confrontées à une double pression : l’offensive des exportations chinoises à bas prix et les droits de douane élevés imposés par les États-Unis (50 %).
- Des conflits politiques bloquent l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale.
L’industrie sidérurgique sud-coréenne traverse une période critique. L’adoption tardive de la loi K-Steel, censée renforcer sa compétitivité et accélérer sa transition vers des technologies plus vertes, est perçue comme un coup dur par les acteurs du secteur. Les entreprises, déjà affaiblies par des années de récession, voient leurs perspectives d’avenir s’assombrir face à une conjoncture internationale défavorable.
La loi K-Steel prévoit la création d’un « Comité spécial pour le renforcement de la compétitivité de l’industrie sidérurgique », directement rattaché à la présidence, et l’élaboration d’un plan national quinquennal. Elle vise également à soutenir financièrement la restructuration des entreprises et le développement de technologies sidérurgiques respectueuses de l’environnement.
Selon des sources parlementaires et industrielles, le projet de loi est actuellement bloqué au sein de la Commission du commerce, de l’industrie, de l’énergie et des petites et moyennes entreprises, sans même avoir fait l’objet d’une discussion approfondie. Bien qu’un large consensus se soit dégagé en août, avec 106 législateurs des partis au pouvoir et de l’opposition co-parrainant le texte, les tensions politiques autour de la révision de la loi organique du gouvernement entravent sa progression.
La situation est d’autant plus préoccupante que l’industrie sidérurgique sud-coréenne subit de plein fouet la concurrence chinoise. En 2023, le pays a importé 8,77 millions de tonnes d’acier en provenance de Chine, un niveau record depuis 2017. Parallèlement, les États-Unis maintiennent des droits de douane de 50 % sur les produits sidérurgiques, et l’Union européenne envisage d’augmenter ses propres tarifs douaniers à 50 %, tout en exerçant des pressions pour réduire les quotas d’importation. La Chine exerce donc une pression considérable sur le marché.
Un responsable de l’industrie a exprimé son désarroi :
« Le très attendu K-Steel Act devient progressivement une torture d’espoir. »
Responsable de l’industrie sidérurgique (non nommé)
Malgré ces difficultés, une lueur d’espoir apparaît avec les récentes mesures prises par le gouvernement chinois pour contrôler la production de son industrie sidérurgique. Le 20 octobre, lors de la 4e assemblée générale du 20e Comité central du Parti communiste chinois, un plan économique quinquennal devrait être présenté, incluant des objectifs de réduction de la production d’acier.
Cependant, l’incertitude économique mondiale et le ralentissement du secteur de la construction en Corée du Sud rendent l’adoption rapide de la loi K-Steel d’autant plus cruciale pour assurer la reprise de l’industrie sidérurgique nationale. Les entreprises espèrent que ce texte de loi constituera une avancée majeure pour leur redressement.
La loi K-Steel est-elle nécessaire pour l’industrie sidérurgique ?
Si la loi K-Steel est finalement adoptée, elle devrait entraîner des changements profonds dans l’industrie sidérurgique. Des réglementations plus strictes sur l’importation de produits non conformes seront mises en place, et des mesures seront prises pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales. La transition vers un acier vert sera accélérée grâce à un soutien financier accru pour les technologies de pointe, telles que la fabrication d’acier à réduction d’hydrogène et les fours électriques. Des zones spéciales pour l’acier vert seront également créées, et des investissements seront réalisés dans la formation de la main-d’œuvre.