Publié le 4 décembre 2025 à 05h02. L’album live En direct chez Third Man Records, fruit d’une collaboration entre M.J. Lenderman et Karly Hartzman, est imprégné d’une tension palpable, née de leur récente rupture amoureuse, et peine à transcender le contexte personnel qui l’entoure.
- L’album, enregistré peu après l’annonce publique de leur séparation, présente une sélection de titres issus de leurs projets respectifs et de leur duo, Wednesday.
- La performance, bien que techniquement solide, manque de spontanéité et semble marquée par une certaine gêne, comme si les artistes apprenaient à naviguer dans une nouvelle dynamique professionnelle.
- Le contexte de la rupture, révélée publiquement durant la promotion de leur album Feux d’artifice, pèse lourdement sur l’écoute de l’album, rendant l’expérience à la fois fascinante et inconfortable.
M.J. Lenderman et Karly Hartzman, deux figures marquantes de la scène musicale américaine, sont connus pour leurs compositions introspectives et leurs textes poignants, influencés par des artistes tels que Vic Chesnutt, Drive-By Truckers et John Prine. Leur collaboration, qui a donné naissance à l’album Feux d’artifice, était saluée pour son originalité et sa capacité à marier des styles d’écriture distincts. Lenderman, souvent évasif et utilisant la deuxième personne pour créer une distance, contraste avec Hartzman, plus directe et confessionnelle dans ses textes.
L’album En direct chez Third Man Records, d’une durée concise, équivalente à deux faces d’un disque (environ 30 minutes), est constitué d’un ensemble de chansons puisées dans leur répertoire limité. On y retrouve des titres de Wednesday, des morceaux de Lenderman, ainsi qu’un single inspiré d’un roman de Harry Crews et des extraits de leur EP Gouttières. L’ensemble, bien que soigné, donne l’impression d’un inventaire plutôt que d’une performance spontanée.
La rupture amoureuse de Hartzman et Lenderman, officialisée dans un bar de Kyoto six mois avant l’enregistrement, a inévitablement influencé la dynamique du duo. Hartzman a d’ailleurs intégré ce chagrin dans son album Saignements, dont l’enregistrement a été décrit comme particulièrement poignant. L’annonce publique de la séparation, faite par Lenderman au magazine The New Yorker, a ajouté une couche de complexité à leur collaboration.
Lors du concert enregistré chez Third Man Records, la tension était palpable. Hartzman a d’ailleurs fait allusion à cette situation en déclarant au public : « Je parlerai probablement beaucoup plus quand je saurai que cela ne sera pas permanent. » Cette phrase, révélatrice, souligne la difficulté pour le duo de se détacher du contexte personnel et de se concentrer pleinement sur la musique. L’album, en fin de compte, semble plus révélateur de leur état d’esprit que d’une véritable performance artistique.
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