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Publié le 18 octobre 2025 00:04:00. L’Assemblée nationale sud-coréenne a récemment adopté une série de réformes visant à garantir l’indépendance et l’équité des médias publics. Le président Lee Jae-myung salue ces changements comme une étape cruciale pour moderniser le paysage audiovisuel du pays.

  • Les trois lois sur la radiodiffusion ont été approuvées par le Parlement, modifiant la gouvernance des médias publics.
  • La réforme vise à réduire l’influence politique sur les nominations au sein des conseils d’administration des chaînes publiques.
  • Des experts soulignent la nécessité d’une restructuration plus profonde pour répondre aux défis de l’ère numérique et aux attentes du public.

Une réforme majeure du secteur audiovisuel sud-coréen a été mise en œuvre après l’adoption de trois lois clés par l’Assemblée nationale. Ces textes, qui concernent la radiodiffusion, les visites et la Société coréenne de radiodiffusion éducative (EBS), ont pour objectif de garantir une plus grande indépendance et une meilleure gouvernance des médias publics, traditionnellement considérés comme sensibles aux pressions politiques.

Le président Lee Jae-myung a salué ces avancées sur son compte de réseau social, affirmant qu’elles posaient les bases d’une prise de décision plus rationnelle et d’une amélioration de l’efficacité économique du secteur. « Les amendements aux trois lois sur la radiodiffusion ont été récemment adoptés par l’Assemblée nationale, jetant les bases pour garantir l’équité et l’indépendance dans la radiodiffusion. À l’avenir, une prise de décision rationnelle sera possible sur la base de cette base, et l’efficacité et l’efficience économiques seront également considérablement améliorées », a-t-il écrit.

L’adoption de ces lois s’est déroulée à un rythme soutenu. Moins d’une semaine après leur première présentation en juillet, les projets de loi ont été approuvés par la commission permanente de l’Assemblée nationale, et deux mois plus tard, ils ont franchi l’étape de la session plénière, menée par le Parti démocratique de Corée. La loi EBS, dernier élément du trio, a été adoptée le 22 août.

Au cœur de cette réforme se trouve un changement dans la structure de gouvernance des médias publics. L’objectif est de réduire l’influence des partis politiques sur les nominations aux postes clés. Jusqu’à présent, les partis au pouvoir et d’opposition se partageaient les sièges au sein des conseils d’administration, avec une proportion variable selon les chaînes (7 pour le parti au pouvoir et 4 pour l’opposition à KBS, 6 pour le parti au pouvoir et 3 pour l’opposition à MBC et EBS). Cette situation était souvent perçue comme un moyen pour le gouvernement en place de contrôler les médias publics.

La nouvelle loi prévoit une augmentation du nombre d’administrateurs (de 11 à 15 pour KBS et de 9 à 13 pour MBC et EBS) et une diversification des entités habilitées à recommander des candidats. Parmi les nouveaux membres, on retrouve des représentants d’universités spécialisées dans les médias audiovisuels, des membres de comités de téléspectateurs, des dirigeants et des employés, ainsi que des juristes. La part des recommandations de l’Assemblée nationale est réduite à 40 %, ce qui est considéré comme une avancée significative.

Le processus de sélection du président des chaînes publiques a également été modifié. Désormais, un comité national de recommandation, composé de 100 citoyens, sélectionnera les candidats, et le conseil d’administration prendra la décision finale à la majorité des trois cinquièmes.

Kwon Hyeong-doon, professeur de droit à l’Université de Kongju, estime que, bien que l’absence d’accord entre les partis politiques soit regrettable, cette réforme est nécessaire pour réduire l’influence du gouvernement et garantir la neutralité des médias publics.

« Garantir un État spécifique pour la formation d’une opinion publique démocratique et établir un système de « diffusion gratuite » à travers celui-ci est une valeur garantie par la Constitution. »

Kwon Hyeong-doon, professeur de droit à l’Université de Kongju

Cependant, certains experts restent sceptiques quant à l’indépendance réelle des médias publics. Ils soulignent que, même si la proportion de recommandations de l’Assemblée nationale a diminué, elle n’a pas complètement disparu, et qu’il existe un risque que les nominations soient influencées par des factions politiques ou des groupes d’intérêt.

Lee Jun-woong, professeur au Département de journalisme et d’études de l’information de l’Université nationale de Séoul, met en garde contre une potentielle « double pouvoir » qui pourrait se mettre en place.

« Il existe également la possibilité d’une sorte de « double pouvoir » (contrôler la radiodiffusion publique) »

Lee Jun-woong, professeur à l’Université nationale de Séoul

Par ailleurs, les régions autres que Séoul et sa périphérie n’ont pas été suffisamment prises en compte dans le processus de réforme. Hong Seon-ki, professeur de droit à l’Université de Dongguk, souligne que, dans d’autres pays, comme le Japon (NHK) et le Royaume-Uni (BBC), les représentants régionaux jouent un rôle important dans la gouvernance des médias publics.

Au-delà de la gouvernance, les experts s’accordent sur la nécessité d’une réflexion plus approfondie sur le rôle et l’objectif des médias publics à l’ère numérique. Il est essentiel de définir clairement leur mission et de leur fournir les moyens de produire un contenu de qualité et pertinent pour le public, en tenant compte de l’essor des plateformes OTT (Over-The-Top).

Kwon Oh-sang, directeur du Media Future Research Institute, insiste sur l’importance d’établir un cadre de base solide pour l’innovation médiatique.

« Afin de parvenir à l’innovation médiatique sans manquer de temps, il est nécessaire d’établir un cadre de base. »

Kwon Oh-sang, directeur du Media Future Research Institute

La réforme des trois lois sur la radiodiffusion ne représente donc qu’une première étape. Il reste encore beaucoup de travail pour normaliser véritablement le secteur audiovisuel sud-coréen et garantir son indépendance et sa pertinence pour le public.

Image du nouveau bâtiment de KBS à Yeongdeungpo-gu, Séoul

Kim Ji-won, journaliste.

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Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.
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