Home AffairesLa Banque mondiale appelle la Thaïlande à redéfinir sa stratégie pour sortir du piège du revenu intermédiaire

La Banque mondiale appelle la Thaïlande à redéfinir sa stratégie pour sortir du piège du revenu intermédiaire

by Amélie Bernard

Bangkok se voit enjoindre de repenser en profondeur sa stratégie économique pour éviter une stagnation durable et échapper au statut de pays à revenu intermédiaire. La Banque mondiale appelle le royaume à investir massivement dans l’innovation, le capital humain et l’ouverture de son secteur des services pour atteindre son objectif de nation à revenu élevé d’ici 2037.

Selon un rapport publié cette semaine, la Thaïlande, actuellement classée dans la catégorie supérieure des pays à revenu intermédiaire, connaît un ralentissement de sa croissance depuis plusieurs années. La productivité stagne et le pays reste trop dépendant d’une production à faible coût, un modèle qui ne permet plus de soutenir une croissance durable.

La directrice nationale de la Banque mondiale, Melinda Good, souligne que la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Thaïlande, qui n’a atteint en moyenne que 2,5 % entre 2010 et 2020 – bien en deçà des performances de ses voisins d’Asie du Sud-Est comme le Vietnam et l’Indonésie – est insuffisante pour atteindre l’objectif d’une croissance annuelle moyenne de 5 % nécessaire pour accéder au statut de pays à revenu élevé.

Pour inverser cette tendance, la Banque mondiale préconise une transformation structurelle profonde. La Thaïlande doit, selon le rapport, « adopter la transformation structurelle » et ne plus se reposer sur les moteurs de croissance du passé, devenus inefficaces dans un contexte mondial dominé par la technologie et l’innovation. Cela implique d’investir davantage dans la recherche et le développement (R&D) et dans l’éducation aux compétences de demain.

L’ouverture du secteur des services est également présentée comme une priorité. La Thaïlande doit tirer parti de sa position stratégique au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), de son infrastructure numérique solide et de sa réputation en matière de produits de qualité pour attirer les investissements étrangers et stimuler l’entrepreneuriat local. La réduction des obstacles à la concurrence est essentielle pour rattraper son retard par rapport à ses voisins régionaux.

Par ailleurs, le développement du capital humain est jugé crucial. La Banque mondiale insiste sur la nécessité de réformer le système éducatif et le marché du travail pour répondre aux besoins d’une économie en mutation et contrer le déclin démographique. Il est impératif d’investir dans la population jeune et de créer des opportunités d’emploi de qualité.

La Banque mondiale suggère également la mise en œuvre de mesures à « gains rapides » pour attirer les investissements étrangers, notamment la simplification des procédures administratives, la promotion de la finance verte et des investissements stratégiques dans les infrastructures numériques, les énergies propres et les systèmes d’approvisionnement en eau. La réduction des barrières juridiques et la rationalisation des processus pour les entreprises technologiques sont également considérées comme des leviers importants pour faire de la Thaïlande un pôle numérique régional.

Enfin, le rapport souligne l’importance de décentraliser les opportunités économiques au-delà de Bangkok, afin d’assurer une croissance plus inclusive et de libérer le potentiel de l’ensemble du pays.

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