Publié le 20 octobre 2025 09:13:00. Une équipe de patinage artistique à roulettes du Tarn s’apprête à vivre un rêve en participant aux championnats du monde en Chine, une aventure rendue possible grâce à sa détermination et à un financement entièrement autogéré.
Après avoir décroché leur billet pour les championnats du monde en mars dernier, l’équipe « Onyx », basée à Pont-de-Larn, s’envole pour Pékin fin octobre. Cette qualification, obtenue grâce à leur première place aux championnats de France et une performance remarquée dans le top 10 des championnats d’Europe, représente un accomplissement majeur pour ces sportives.
« On ressent la pression, bien sûr, on ne part pas en Chine pour faire de la figuration », confie Elisa Rouanet, l’une des patineuses. L’équipe profite d’un dernier week-end d’entraînement intensif dans le gymnase de leur commune pour peaufiner sa préparation.
« Tous les détails vont faire la différence : la synchronisation, la perfection des mouvements, l’interprétation, et l’émotion que l’on peut transmettre au public et aux juges. »
Emilie Moula-Clément, coach et chorégraphe de Onyx
Le parcours d’Onyx vers la Chine a été semé d’embûches, notamment financières. L’équipe a dû faire preuve d’ingéniosité pour réunir les fonds nécessaires, faute de reconnaissance nationale ou d’aide financière significative. « La sélection a été officialisée fin juillet, et nous partons fin octobre. Cela nous a laissé deux mois pour trouver des sponsors, ce que nous avons réussi à faire par nous-mêmes », explique Emilie Moula-Clément.
En France, le patinage artistique à roulettes est affilié à la Fédération française de roller & skateboard, mais reste une discipline méconnue du grand public. « Au niveau des aménagements scolaires, c’est compliqué. Et quand on en parle aux gens, on a parfois l’impression qu’ils ne nous prennent pas au sérieux, alors que nous nous entraînons sérieusement », souligne Elisa Rouanet.
Pourtant, ce sport exige une condition physique exceptionnelle. Pendant cinq minutes de représentation, les patineuses, qui sont pour la plupart étudiantes ou jeunes professionnelles, doivent maintenir un niveau de performance de haut niveau tout en conservant une posture élégante.
« C’est comme un sprint de cinq minutes », compare Guillaume Lopez, le préparateur physique de l’équipe. Chaque sportive s’entraîne en moyenne 10 heures par semaine, individuellement ou en groupe. « Il faut tenir des semaines d’entraînement intensives, avec de nombreuses heures de travail, et adapter les programmes en fonction des besoins et des disponibilités de chacune. » Le jour J, la marge d’erreur sera minime, avec une seule chance de présenter leur programme de cinq minutes.
L’équipe Onyx s’apprête à relever ce défi avec détermination, dans l’espoir de représenter fièrement le Tarn et de susciter un plus grand intérêt pour le patinage artistique à roulettes en France.