Home AffairesLa «bitcoin society» d’Éric Larchevêque, une aventure boursière astucieuse mais dangereuse pour les épargnants

La «bitcoin society» d’Éric Larchevêque, une aventure boursière astucieuse mais dangereuse pour les épargnants

by Amélie Bernard

Publié le 27 novembre 2025 19:51:00. L’entrepreneur français Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger et Coinhouse, a relancé une société dormante issue de l’ère coloniale, la Société de Tayninh, pour en faire un véhicule d’investissement dans le bitcoin, une opération qui suscite des interrogations quant aux risques pour les actionnaires minoritaires.

  • Éric Larchevêque a lancé sa nouvelle entreprise, The Bitcoin Company, déjà cotée en Bourse.
  • La Société de Tayninh, ancienne plantation d’hévéas en Indochine française, a été rachetée par Larchevêque et ses associés, dont l’ancien basketteur Tony Parker.
  • Cette opération s’inscrit dans une vision entrepreneuriale radicale visant à créer un étalon monétaire basé sur le bitcoin.

Un coup de théâtre boursier orchestré par Éric Larchevêque, figure de proue de la cryptosphère française. Lundi, l’entrepreneur a annoncé le rachat de la Société de Tayninh, une coquille vide cotée à la Bourse de Paris, et sa transformation en un investissement direct dans l’actif numérique. Cette initiative, présentée comme une « réponse entrepreneuriale radicale », s’inscrit dans une critique virulente des monnaies fiduciaires et de la dette publique.

Larchevêque, connu pour avoir cofondé les sociétés de cryptoactifs Coinhouse et Ledger, ainsi que pour sa participation à l’émission de M6 Qui veut être mon associé ?, a exposé sa vision lors d’un événement de lancement. Il a plaidé pour un « étalon monétaire sain », estimant que l’or n’était plus une option viable et que le bitcoin représentait une alternative crédible.

La Société de Tayninh, dont l’histoire remonte à l’époque coloniale française en Indochine, était autrefois une importante plantation d’hévéas. Tombée en désuétude, elle est devenue une société sans activité, une coquille vide cotée en Bourse. Le rachat de cette société par Larchevêque et ses associés, dont l’ancien basketteur international français Tony Parker, permet de contourner les contraintes liées à la création d’une nouvelle entreprise cotée.

Selon Larchevêque, cette stratégie permet de proposer une alternative aux systèmes financiers traditionnels et de donner aux investisseurs un accès direct à l’actif numérique. Cependant, cette opération soulève des questions quant à la protection des actionnaires minoritaires de la Société de Tayninh, qui pourraient se retrouver à détenir des parts dans une entreprise dont l’activité est radicalement différente de celle initialement prévue.

L’entrepreneur a également abordé l’érosion des monnaies fiduciaires, l’insoutenabilité de la dette et la taxation de l’initiative privée, des thèmes qu’il considère comme des facteurs clés de la nécessité d’une « réponse entrepreneuriale radicale ». Il a souligné que cette approche, basée sur le bitcoin, n’avait « jusqu’à ce jour encore jamais été tentée ».

L’avenir de la Société de Tayninh, rebaptisée de facto The Bitcoin Company, reste incertain. Cette opération audacieuse, qui mêle histoire coloniale et cryptomonnaie, pourrait bien marquer un tournant dans le paysage financier français, mais elle comporte également des risques importants pour les investisseurs.

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