Le marché des voitures de collection connaît un retournement de situation inattendu. Après des années de hausse constante, les modèles des années 50 et 60 perdent de leur attrait, tandis qu’une nouvelle génération d’acheteurs se tourne vers des véhicules plus récents.
La baisse est désormais quantifiable : l’indice Hagi Top, qui suit l’évolution des prix de 19 marques et 50 modèles, a reculé de 2,7 % jusqu’à fin octobre. L’indice Ferrari, souvent considéré comme un baromètre du marché, accuse même une baisse de 5,5 %. Selon Dietrich Hatlapa, expert en voitures anciennes du groupe Historic Automobile, certains véhicules ont perdu entre 20 et 30 % de leur valeur depuis le début de l’année dernière.
Il y a encore quelques années, une Porsche 911 des années 1970 pouvait facilement atteindre 200 000 francs suisses. Aujourd’hui, une recherche sur le site AutoScout24 révèle des modèles de 1974 proposés à partir de 125 000 francs. De même, des Austin Healey Mk 2 ou Mk 3 bien conservés, difficiles à trouver en dessous de 90 000 francs il y a peu, sont désormais disponibles pour la plupart entre 65 000 et 75 000 francs, avec une dizaine d’exemplaires répertoriés sur la même plateforme. La Mercedes Pagode, la Jaguar E-Type, l’Alfa Spider Duetto et la Lancia Fulvia suivent une tendance similaire.
Ce changement de dynamique s’explique en partie par l’arrivée sur le marché de nouveaux acheteurs, issus des générations X et Z. Ces jeunes acquéreurs, souvent fortunés, n’éprouvent pas le même attachement émotionnel aux voitures des années 50 et 60 que leurs aînés. Ils se montrent plus intéressés par les modèles des quatre dernières décennies.
Les voitures des années 1990 et du début des années 2000, autrefois considérées comme ayant peu de potentiel de collection, sont désormais très recherchées. Cette demande concerne non seulement les modèles sportifs comme la BMW M3 ou M5, ou les versions AMG des Classes C et E de Mercedes, mais aussi des véhicules plus courants tels que la Mercedes SLK, l’Audi Coupé, la VW Polo, la VW Golf, l’Opel Kadett ou la Volvo 850.
« Grâce au large choix, les acheteurs intéressés peuvent désormais se permettre de sélectionner uniquement les meilleurs exemplaires », explique Dietrich Hatlapa. « Seuls quelques kilomètres parcourus restent l’un des paramètres les plus importants. Actuellement, seuls les modèles haut de gamme absolus avec des arguments de vente uniques continuent d’atteindre des prix élevés. »
Toutefois, le segment des voitures de collection les plus prestigieuses et les plus rares continue de bien se porter. Une Jaguar Type D de 1956 a récemment été vendue aux enchères pour 5,18 millions de francs suisses à Zurich, tandis qu’une Ferrari 275 GTB Alloy a atteint 2,31 millions de francs. Dans ce créneau, la qualité et l’histoire du véhicule priment sur tout le reste.
À retenir
- Le marché des voitures classiques des années 50 et 60 est en baisse, avec des reculs de prix allant jusqu’à 30 %.
- Les jeunes acheteurs se tournent vers des modèles plus récents, des années 1990 et 2000.
- Le segment des voitures de collection les plus rares et prestigieuses reste dynamique.
Contexte
Pendant des années, le marché des voitures de collection a connu une croissance soutenue, portée par l’intérêt croissant des investisseurs et des passionnés. Cette tendance a conduit à une flambée des prix, en particulier pour les modèles emblématiques des années 50, 60 et 70.
Ce qui change
Le retournement actuel du marché pourrait rendre les voitures de collection plus accessibles à un public plus large, tout en modifiant les stratégies des collectionneurs et des investisseurs. Les propriétaires de modèles des années 50 et 60 pourraient devoir ajuster leurs attentes en matière de prix.
Prochaines étapes
Il sera intéressant de suivre l’évolution des indices Hagi Top et Ferrari au cours des prochains mois pour confirmer la tendance actuelle. Les ventes aux enchères à venir pourraient également fournir des indications précieuses sur l’état du marché.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Indice Hagi Top (jusqu’à fin octobre) | -2,7 % |
| Indice Ferrari (jusqu’à fin octobre) | -5,5 % |
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