La Californie et un groupe d’États américains contestent devant la justice une politique de l’administration Trump imposant des frais exorbitants aux entreprises souhaitant recruter des talents étrangers hautement qualifiés. Cette décision, jugée illégale, menace de pénaliser les secteurs essentiels comme l’éducation et la santé, déjà confrontés à des pénuries de personnel.
À retenir
- La Californie et 18 autres États poursuivent l’administration Trump pour l’imposition de frais de 100 000 dollars (environ 92 000 euros) par visa H-1B.
- Ces frais, selon les plaignants, sont illégaux car ils contreviennent à l’intention du Congrès et dépassent les prérogatives présidentielles.
- Les secteurs de l’éducation et de la santé, fortement dépendants des travailleurs étrangers qualifiés, sont particulièrement menacés par cette politique.
Contexte
Annoncée le 19 septembre, la politique de l’administration Trump visait à dissuader les entreprises américaines de recourir aux visas H-1B, destinés aux travailleurs qualifiés dans les domaines scientifiques, technologiques, d’ingénierie et des mathématiques (STEM), ainsi que dans d’autres secteurs de pointe. L’ancien président accusait le programme d’être exploité pour remplacer des travailleurs américains par une main-d’œuvre moins chère et moins qualifiée, et de porter atteinte à la sécurité nationale en décourageant les Américains de poursuivre des carrières dans les domaines clés de la technologie.
Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a dénoncé ces accusations comme infondées, soulignant que le Congrès avait prévu des garanties pour prévenir les abus et que la nouvelle structure de frais sapait l’objectif même du programme. « En tant que quatrième économie mondiale, la Californie sait que lorsque des talents qualifiés du monde entier rejoignent notre main-d’œuvre, cela fait avancer notre État », a-t-il déclaré.
Ce qui change
L’imposition de ces frais de 100 000 dollars par visa H-1B représente un fardeau financier considérable pour les employeurs, en particulier dans le secteur public. Selon le bureau de Rob Bonta, les écoles, universités et collèges, souvent à but non lucratif, ne peuvent tout simplement pas absorber ces coûts supplémentaires. Plus de 30 000 enseignants titulaires d’un visa H-1B contribuent actuellement à combler la pénurie nationale d’enseignants, qui touche près des trois quarts des districts scolaires américains.
Le secteur de la santé est également fortement concerné, avec près de 17 000 professionnels de la santé titulaires d’un visa H-1B, dont la moitié sont des médecins et des chirurgiens, travaillant notamment dans les zones rurales et défavorisées. Ces frais pourraient aggraver les difficultés d’accès aux soins dans ces régions.
Avant l’instauration de ces nouveaux frais, les employeurs payaient entre 960 et 7 595 dollars (environ 880 à 6 900 euros) par visa H-1B, en fonction des coûts réels de traitement des demandes.
Prochaines étapes
La Maison Blanche défend cette taxe comme une « étape nécessaire » vers une réforme de l’immigration, conformément à la promesse du président Trump de « donner la priorité aux travailleurs américains ». L’administration a déjà soutenu la légalité de ces frais dans le cadre d’un autre procès intenté par la Chambre de commerce des États-Unis et l’Association des universités américaines, arguant que le président dispose d’un large pouvoir discrétionnaire pour restreindre l’entrée d’étrangers.
L’issue de ce nouveau procès reste incertaine, mais elle pourrait avoir des conséquences importantes pour les entreprises américaines et pour l’attractivité du pays en matière de talents internationaux. La Californie, qui a déjà intenté 49 procès contre l’administration Trump, entend défendre son économie et ses secteurs clés.
Chiffres clés
- 100 000 dollars : Montant du nouveau frais par visa H-1B imposé par l’administration Trump (environ 92 000 euros).
- 30 000 : Nombre d’enseignants titulaires d’un visa H-1B aux États-Unis.
- 17 000 : Nombre de professionnels de la santé titulaires d’un visa H-1B aux États-Unis.
Sources
Communiqué de presse du bureau du procureur général de Californie, 11 décembre 2025.
