Home Nouvellesla campagne pour le présidentielle du 12 octobre s’accélère notamment dans le nord du pays

la campagne pour le présidentielle du 12 octobre s’accélère notamment dans le nord du pays

by Nicolas Lefèvre

La campagne électorale s’intensifie dans le nord du Cameroun, marquée par une forte mobilisation populaire autour de plusieurs candidats, notamment Issa Tchiroma Bakary. Alors que le président Paul Biya a lancé sa campagne le 7 octobre à Maroua, l’enthousiasme semble grandir pour ses challengers, soulevant des questions sur les dynamiques de l’opposition.

Le 8 octobre, une impressionnante procession de centaines de motos et de voitures a accompagné Issa Tchiroma Bakary sur les 67 kilomètres séparant Maroua de Mokolo. Les supporters, scandant des slogans à la gloire du candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), ont créé un véritable raz-de-marée humain. Un participant, Amadou Oko, venu de Maroua, a témoigné : « Le voyage était long, mais ce fut un grand plaisir. Tout le monde aspire au changement et tout au long de notre parcours, la foule était nombreuse. »

À Mokolo, Issa Tchiroma Bakary a lancé un appel direct au président Biya, l’invitant à « rentrer dans l’Histoire par la grande porte », soulignant le large soutien dont il bénéficie dans la région. Il prévoit un meeting ce 9 octobre à Maroua et un rassemblement de clôture le 11 octobre à Garoua.

Cependant, l’absence d’alliance entre Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, deux anciens ministres de Paul Biya originaires du nord du pays, suscite des tensions au sein de leurs partis respectifs. Certains militants regrettent cette division, estimant qu’une coalition pourrait renforcer l’opposition. Un sympathisant de Tchiroma a déclaré : « Avec l’UNDP, ils sont les mêmes, d’habitude. Mais cette année il y a la différence. »

Des observateurs, comme le professeur Abah Oyono, déplorent cette incapacité chronique de l’opposition à s’unir. « Notre opposition est frappée par ce que j’appelle une malédiction, depuis les années 1990 jusqu’à nos jours, parce que les opposants n’arrivent jamais à s’entendre », a-t-il affirmé. Il a révélé avoir tenté, sans succès, de rapprocher plusieurs leaders de l’opposition par le passé.

Par ailleurs, d’autres candidats poursuivent leur campagne à travers le pays. Cabral Libii, du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), a critiqué l’utilisation, selon lui abusive, des ressources de l’État par le président Biya, notamment la retransmission en direct de ses meetings sur la télévision publique. Tomaïno Ndam Njoya, de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), a quant à elle concentré ses efforts dans sa région d’origine, le pays Bamoun, en abordant des questions sociales telles que l’accès aux soins de santé.

Enfin, l’activiste politique Aboubacar Ousmane Mey a été interpellé le 7 octobre à Garoua suite à une plainte déposée par Bello Bouba Maïgari. Il est accusé d’avoir diffusé des affiches de coalition non autorisées associant son nom à celui d’Issa Tchiroma Bakary.

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