Publié le 26 novembre 2023. Même si l’humanité cessait immédiatement d’émettre des gaz à effet de serre, des vagues de chaleur extrêmes pourraient devenir la nouvelle norme d’ici mille ans, selon une étude basée sur des simulations climatiques avancées.
- Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 entraînerait des vagues de chaleur record annuelles dans les régions tropicales.
- Un retard de seulement cinq ans dans la réduction des émissions aggrave significativement la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur.
- L’étude remet en question l’idée que le climat s’améliorera automatiquement une fois la neutralité carbone atteinte.
Des chercheurs du Centre d’excellence ARC pour le 21e siècle et du CSIRO ont utilisé des modèles informatiques complexes pour projeter l’évolution des vagues de chaleur sur un millénaire, en partant du moment où le « zéro net » d’émissions serait atteint. Leurs conclusions, publiées dans la revue Environmental Research: Climate (ERC), soulignent l’urgence d’une action climatique rapide et ambitieuse.
L’équipe a analysé les conséquences de différents scénarios, en évaluant l’impact de retards même minimes dans la transition vers une économie neutre en carbone entre 2030 et 2060. Les simulations révèlent qu’un simple report de cinq ans dans l’atteinte de la neutralité carbone entraîne une augmentation notable de la chaleur, avec des vagues de chaleur plus longues, plus intenses et plus fréquentes. Même après mille ans, les températures ne reviendraient pas aux niveaux préindustriels.
« Les périodes de “surchauffe”, auparavant rares, deviendront plus fréquentes, et plus il faudra de temps pour que le climat se stabilise, plus elles seront fortes. Le réchauffement lent mais constant de l’océan Austral contribue également à ce processus. »
Sarah Perkins-Kirkpatrick, professeure à l’Université nationale australienne et auteure principale de l’étude
L’étude met en évidence un point crucial : si la neutralité carbone n’est pas atteinte avant 2050, les vagues de chaleur exceptionnelles qui frappent actuellement les régions tropicales deviendront un événement annuel. Ce scénario souligne la nécessité d’accélérer les efforts de réduction des émissions pour limiter les conséquences les plus graves du changement climatique.
« Nos résultats remettent en question l’idée reçue selon laquelle le climat s’améliorera progressivement une fois que le « zéro net » sera atteint », explique la professeure Perkins-Kirkpatrick. « L’humanité devra s’adapter à une réalité où la chaleur extrême sera la norme, et où l’adaptation sera un processus continu. »
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