Pékin frappe l’industrie laitière européenne avec de nouveaux droits de douane, allant jusqu’à 42,7%, une riposte directe aux enquêtes européennes sur les véhicules électriques chinois. Cette décision, entrée en vigueur ce mardi 23 décembre, menace des exportations annuelles s’élevant à plus de 50 000 tonnes de crème et 6 000 tonnes de fromage.
Le ministère chinois du Commerce justifie ces taxes « provisoires » par des subventions accordées aux producteurs laitiers de l’Union européenne, qu’il estime porter préjudice à l’industrie nationale. Les produits concernés incluent le lait, la crème, les fromages frais et affinés, notamment des appellations prestigieuses comme le roquefort et le camembert.
Cette annonce intervient après l’imposition de taxes sur le porc européen la semaine dernière, marquant une escalade des tensions commerciales entre la Chine et l’Union européenne. En 2023, l’UE avait lancé une enquête sur les subventions publiques reçues par les constructeurs automobiles chinois, ce qui a provoqué l’ire de Pékin.
Les professionnels du secteur laitier français expriment leur inquiétude face à cette nouvelle donne. « C’est un choc et un vrai coup de massue, surtout pour les éleveurs, qui ont plutôt besoin qu’on leur offre des perspectives que de leur fermer des marchés », a déclaré François-Xavier Huard, président de la Fédération nationale de l’industrie laitière, à RMC. Il craint que ces droits de douane ne rendent les exportations vers la Chine prohibitives, obligeant à trouver de nouveaux débouchés.
Le ministère français de l’Agriculture a réagi en affirmant sa détermination à défendre les intérêts des entreprises européennes et conteste fermement cette décision. À ce stade, la Chine a importé pour 589 millions de dollars (500,72 millions d’euros) de produits laitiers d’origine européenne en 2024, un chiffre comparable à celui de 2023.
Des experts estiment qu’un droit de douane de 42,7% pourrait rendre les exportations de fromage particulièrement difficiles, en raison de la facilité pour la Chine de se tourner vers d’autres fournisseurs. La durée de ces taxes provisoires est fixée jusqu’à fin février.
À retenir
- La Chine impose des taxes sur les produits laitiers européens en représailles aux enquêtes européennes sur les véhicules électriques chinois.
- Les droits de douane varient de 21,9% à 42,7% et concernent le lait, la crème, les fromages frais et affinés.
- Les professionnels du secteur laitier français craignent des conséquences importantes sur les exportations et les revenus des éleveurs.
Contexte
Les relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne se sont tendues en 2023 suite au lancement d’une enquête européenne sur les subventions publiques aux constructeurs automobiles chinois. Cette enquête visait à déterminer si les véhicules électriques chinois bénéficiaient d’un avantage concurrentiel déloyal sur le marché européen.
Ce qui change
Les exportations de produits laitiers européens vers la Chine sont soumises à des droits de douane accrus à partir du 23 décembre 2024, et ce jusqu’à fin février. Les produits laitiers, notamment le roquefort et le camembert, sont particulièrement touchés. Les éleveurs et les industriels européens doivent anticiper la recherche de nouveaux marchés.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller l’évolution des négociations commerciales entre la Chine et l’Union européenne. La durée et l’étendue de ces taxes provisoires pourraient dépendre des résultats de ces discussions.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Exportations annuelles de crème vers la Chine | 50 000 tonnes |
| Exportations annuelles de fromage vers la Chine | 6 000 tonnes |
| Valeur des importations chinoises de produits laitiers européens (2024) | 589 millions de dollars (500,72 millions d’euros) |