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La Chine nous dépasse comme puissance dominante en Asie du Sud-Est, révèle l’indice Lowy

by Clara Dubois

Publié le 28 septembre 2025 11:01:00. L’influence de la Chine en Asie du Sud-Est dépasse désormais celle des États-Unis dans de nombreux domaines, selon un nouveau rapport de l’Institut Lowy. Cette progression s’explique par des investissements massifs et une diplomatie active, tandis que l’engagement américain dans la région semble s’affaiblir.

  • La Chine domine désormais l’influence économique dans six pays d’Asie du Sud-Est, dont l’Indonésie et la Thaïlande.
  • Les politiques américaines récentes, notamment les tarifs douaniers et la réduction de l’aide étrangère, ont contribué à ce changement de dynamique.
  • Les pays d’Asie du Sud-Est adoptent une approche pragmatique, cherchant à équilibrer leurs relations avec Pékin et Washington.

L’Asie du Sud-Est est devenue un champ de bataille géopolitique où la Chine gagne du terrain face aux États-Unis. Un rapport publié par l’Institut Lowy révèle que Pékin est désormais le partenaire dominant dans la région, surpassant Washington dans des domaines clés tels que le commerce, l’investissement et la diplomatie. L’indice inaugural d’influence de l’Asie du Sud-Est, qui évalue l’influence des deux grandes puissances dans 11 nations, montre que la Chine est en tête dans six pays, un tournant majeur par rapport aux années précédentes.

L’ascension de la Chine s’explique en grande partie par son initiative « Belt and Road » (Nouvelles routes de la soie), qui a injecté des milliards de dollars dans des infrastructures essentielles telles que les ports, les chemins de fer et les projets énergétiques. Ces investissements ont créé une dépendance économique qui va bien au-delà du simple commerce. Le South China Morning Post souligne que ces investissements ont positionné la Chine comme la « puissance la plus influente » de la région, tandis que les tarifs douaniers américains érodent la compétitivité des entreprises américaines.

Cet avantage économique se traduit également par des gains diplomatiques significatifs. Dans des pays comme le Cambodge et le Laos, l’influence de la Chine est presque deux fois supérieure à celle des États-Unis, grâce à des engagements de haut niveau et à des programmes d’aide qui privilégient le développement économique plutôt que les réformes politiques conditionnelles. Bien que les États-Unis conservent une présence militaire importante, notamment avec des alliés comme les Philippines et Singapour, leur score global a diminué en raison d’une perception d’incohérence dans leur politique étrangère.

Les changements de politique américaine, et notamment la possibilité d’un retour de Donald Trump à la Maison Blanche, pourraient accélérer cette tendance. Les analystes prédisent que la concentration renouvelée de Trump sur le protectionnisme, avec l’imposition de tarifs douaniers sur les importations asiatiques, affaiblira davantage l’influence américaine. Des experts en relations internationales soulignent que les réductions de l’aide étrangère et les restrictions sur les visas aliénent les élites d’Asie du Sud-Est, les poussant vers l’orbite de Pékin.

Un article publié par ABC News confirme que la Chine détient un « léger avantage » sur les États-Unis, mais les experts prévoient que cet écart se creusera à mesure que les politiques américaines prendront effet. The Economic Times détaille comment Pékin est devenu le principal partenaire commercial de six nations d’Asie du Sud-Est, dominant à la fois l’économie et la diplomatie, tandis que les États-Unis s’accrochent à leur influence dans les domaines de la défense et de la culture.

Les dirigeants d’Asie du Sud-Est naviguent dans ce nouvel équilibre des forces avec pragmatisme, cherchant à ne pas se ranger trop ouvertement du côté de l’un ou de l’autre géant. Le Vietnam, par exemple, maintient des liens de défense avec les États-Unis en raison de préoccupations communes concernant les différends en mer de Chine méridionale, mais l’attrait économique de la Chine est indéniable. Le Carnegie Endowment for International Peace s’interroge sur la capacité de la Chine à tirer parti du recul américain, tout en soulignant que les pays de la région se méfient d’une dépendance excessive à Pékin.

L’Institut Lowy met en garde contre les erreurs stratégiques de Washington. Les restrictions sur les visas d’étudiants internationaux et la réduction de l’aide étrangère sont considérées comme des « blessures auto-infligées ». Comme l’a souligné un commentateur géopolitique sur X (anciennement Twitter), Washington « cède volontairement un champ de bataille clé », permettant à la Chine de renforcer son emprise grâce à des offres commerciales et à une diplomatie active.

À l’horizon 2026, l’influence de la Chine pourrait se consolider si les États-Unis ne parviennent pas à inverser la tendance. Des experts de RealCleardefense, se référant à l’étude Lowy, estiment qu’il y a encore « de l’espoir », soulignant le potentiel inexploité du soft power américain dans les domaines de l’éducation et des médias. Cependant, sans un changement de politique majeur, l’Asie du Sud-Est pourrait de plus en plus s’aligner sur la vision de Pékin, remodelant les chaînes d’approvisionnement et les architectures de sécurité régionales. Ce changement a des implications importantes pour le commerce mondial et les alliances internationales.

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