La Chine durcit le ton face au Japon après les déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi sur le droit à l’autodéfense collective de Taïwan en cas d’attaque. Pékin menace désormais de nouvelles représailles économiques et diplomatiques, intensifiant une crise déjà tendue.
Le quotidien chinois Global Times, organe de presse du gouvernement, a publié le 20 décembre un article d’opinion intitulé « Si le Japon ne corrige pas ses erreurs, il paiera un prix plus élevé ». Ce texte fait suite aux propos de Mme Takaichi, le 7 décembre, devant le Parlement japonais, où elle affirmait que l’invasion de Taïwan par la Chine constituerait une « situation de crise existentielle » justifiant l’invocation du droit à l’autodéfense collective par le Japon.
La Chine exige un rétractation claire de ces déclarations, estimant que les « explications » fournies par le gouvernement japonais jusqu’à présent sont insuffisantes. Selon le commentaire du Global Times, les responsables japonais tentent de minimiser la situation, nourrissant « l’illusion qu’ils peuvent connaître un ‘atterrissage en douceur’ dans cette crise sans aucune conséquence ». Pékin considère que Taïwan n’est pas un sujet que le Japon peut instrumentaliser à des fins diplomatiques.
Les mesures de pression chinoises se manifestent déjà sur plusieurs fronts. Après l’interdiction faite aux citoyens chinois de visiter le Japon ou d’y étudier, et la suspension des projections de films japonais et des événements liés aux idoles japonaises, le gouvernement chinois a suspendu la reprise des importations de produits de la mer et de bœuf japonais. Cette suspension, présentée comme un « signal », intervient en raison du manque de données techniques promises par le Japon.
Pékin avertit qu’il dispose d’autres moyens de pression, notamment la possibilité d’interdire les exportations de terres rares, une mesure considérée comme particulièrement sévère. « La boîte à outils de la Chine est très riche en options, et toute action qui nuit aux intérêts fondamentaux de la Chine sera certainement payée au prix correspondant », prévient le Global Times.
« Malheureusement, nous n’avons pas vu le dirigeant japonais exercer la responsabilité politique qui lui revient et corriger clairement ses remarques erronées », déplore le commentaire, soulignant qu’il n’y aura « ni compromis ni concession » tant que la déclaration initiale ne sera pas retirée.
À ce stade, la situation reste bloquée, et les relations sino-japonaises sont soumises à une forte tension. La Chine maintient une ligne dure et laisse entendre qu’elle est prête à intensifier ses représailles si le Japon ne cède pas à ses exigences.
À retenir
- La Chine réagit vivement aux déclarations du Premier ministre japonais sur le droit à l’autodéfense collective de Taïwan.
- Pékin menace de nouvelles mesures de pression économiques et diplomatiques contre le Japon.
- La Chine exige un rétractation claire des propos de Mme Takaichi.
Contexte
Les tensions autour de Taïwan sont régulièrement exacerbées par les déclarations et les actions de la Chine, qui considère l’île comme une province rebelle. Le Japon, allié des États-Unis, a renforcé sa coopération militaire avec Taïwan ces dernières années, suscitant l’irritation de Pékin.
Ce qui change
Les relations sino-japonaises se détériorent rapidement, avec des conséquences potentielles sur le commerce, le tourisme et les échanges culturels entre les deux pays. La suspension des importations de produits japonais pourrait affecter les producteurs japonais et entraîner une hausse des prix pour les consommateurs chinois.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller de près les prochaines déclarations des dirigeants chinois et japonais, ainsi que les éventuelles nouvelles mesures de pression prises par Pékin. La réaction du Japon aux sanctions chinoises sera également déterminante pour l’évolution de la situation.
Chiffres clés
- 7 décembre 2023 : Date des déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi sur le droit à l’autodéfense collective de Taïwan.
- 20 décembre 2023 : Date de publication de l’article d’opinion du Global Times.