Publié le 27 septembre 2025 à 15h34. Soixante-deux anciens soldats de l’armée royale néerlandaise-indienne (KNIL) ont reçu à titre posthume une distinction honorifique à Breda, une reconnaissance tardive pour leur service et le sacrifice de toute une génération de combattants moluquans.
- Une cérémonie a été organisée à Bronbeek pour honorer les anciens soldats du KNIL et leurs familles.
- L’initiative de cette reconnaissance revient à un groupe de descendants de soldats moluquans, qui ont mené des recherches pour reconstituer l’histoire de leurs aïeux.
- Cette distinction s’accompagne de la remise d’un dossier retraçant le parcours de chaque soldat, permettant ainsi aux familles de mieux connaître l’engagement de leurs ancêtres.
La communauté moluquoise de Breda a célébré une journée particulière ce samedi. Soixante-deux anciens soldats de l’armée royale néerlandaise-indienne (KNIL) ont été honorés à titre posthume, une manière de rendre hommage et de témoigner de la reconnaissance envers ce groupe longtemps oublié. Cette reconnaissance est le fruit des efforts du groupe d’initiative Vrijdoon Moluccan KNIL Soldats Breda, composé de descendants de soldats moluquans du KNIL, qui avaient dû quitter leur terre natale en 1950 après la reconnaissance de l’indépendance de l’Indonésie par les Pays-Bas.
Ce type d’hommage posthume aux anciens soldats du KNIL n’est pas rare. Cependant, l’ampleur de cette reconnaissance, touchant un groupe aussi important, est exceptionnelle. Loekas Makatita, 72 ans, né aux Pays-Bas peu après l’arrivée de sa famille, témoigne :
« Mon père, soldat du KNIL pendant la guerre de décolonisation, n’a jamais parlé de ses expériences, sauf sur son lit de mort. En conséquence, j’ai toujours cherché à comprendre comment nos vies ont pu se construire aux Pays-Bas. »
Une question qui résonne chez de nombreux habitants du quartier moluquais de Breda.
De nombreux descendants recherchent également une forme de réparation. Ils estiment que l’histoire de leur communauté est méconnue et réduite à des épisodes négatifs.
« Dans les écoles néerlandaises, on ne raconte pas pourquoi nous nous sommes retrouvés ici. Les Néerlandais nous connaissent surtout pour les détournements de trains et les liens avec Satudarah. Mais il y a tellement plus à dire. Quand nous sommes arrivés, nous avons été logés dans d’anciens camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale. On nous avait promis un retour, mais cela n’a jamais eu lieu. »
explique Loekas Makatita.
En 2024, le groupe d’initiative a reçu un premier signe de reconnaissance. La municipalité de Breda a repris les droits funéraires des soldats du KNIL enterrés dans la ville pour une durée indéterminée. Des plaques commémoratives ont été installées et un monument a été érigé à Park Valkenburg, rappelant la promesse non tenue du retour à Ambon.
L’initiative a également permis de rassembler des informations sur les soldats qui n’avaient jamais été décorés ou dont le parcours s’était perdu dans les méandres de l’évacuation. Grâce à la collaboration avec le ministère de la Défense, il a été possible de reconstituer les dossiers de 62 d’entre eux. Leurs familles ont été accueillies à Bronbeek pour recevoir cette distinction honorifique.
Loekas Makatita se réjouit de pouvoir transmettre cette reconnaissance à son petit-fils, représentant la quatrième génération de sa famille aux Pays-Bas. Il estime que son objectif est atteint : son petit-fils pourra enfin connaître l’histoire de ses ancêtres. La médaille est accompagnée d’un dossier retraçant les événements qui ont conduit à cette distinction.
« Maintenant, je sais qui était mon père et je comprends le chagrin de ma mère. »
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