Home MondeLa conversation de Takaichi Sanae avec les journalistes sur place a été diffusée en direct et a suscité une tempête dans l’opinion publique | Internationale | Agence centrale de presse CNA

La conversation de Takaichi Sanae avec les journalistes sur place a été diffusée en direct et a suscité une tempête dans l’opinion publique | Internationale | Agence centrale de presse CNA

by Clara Dubois

Publié le 10 octobre 2025 à 02h50. Des propos désobligeants tenus par un photographe à l’encontre de Sanae Takaichi, figure du Parti libéral-démocrate (PLD) japonais, ont suscité une vive polémique et des excuses officielles, révélant un climat parfois tendu au sein des médias politiques japonais.

  • Un photographe de l’agence de presse Jiji a été réprimandé pour avoir exprimé son intention de prendre des photos destinées à faire baisser la popularité de Sanae Takaichi.
  • L’incident, capté lors d’une diffusion en direct sur YouTube, a mis en lumière des discussions critiques et parfois irrespectueuses entre journalistes politiques.
  • L’agence Jiji a présenté des excuses et annoncé un renforcement de la formation de son personnel suite à cette affaire.

L’incident s’est produit le 7 octobre, après une rencontre entre Sanae Takaichi, présidente du PLD, et des dirigeants du parti Komeito. Les médias attendaient alors l’annonce d’une éventuelle interview conjointe. C’est lors d’une diffusion en direct sur la chaîne YouTube de Nippon TV, captant l’attente des journalistes au siège du PLD, que les propos controversés ont été divulgués.

Dans la vidéo, un homme d’âge moyen, identifié comme un photographe de l’agence Jiji, est audible en train de déclarer :

« Je vais faire baisser sa cote d’approbation (de Gaoshi) »

Photographe de l’agence Jiji

. Il a également affirmé qu’il ne publierait que des clichés visant à nuire à l’image de la politicienne. D’autres voix se sont élevées, exprimant leur désapprobation, avec des commentaires tels que :

« C’est trop. »

Participant à la discussion

La diffusion rapide de ce clip sur les réseaux sociaux a provoqué une onde de choc. Les internautes ont dénoncé un comportement inacceptable, même présenté comme une plaisanterie, soulevant des questions sur l’éthique journalistique. L’agence Jiji a réagi en publiant le 9 octobre une déclaration d’excuses sur son site web, reconnaissant que les propos tenus avaient pu créer un sentiment de méfiance envers Sanae Takaichi et le PLD. L’agence s’est engagée à présenter des excuses officielles au parti et à renforcer la formation de ses employés.

Au-delà des propos directs concernant Sanae Takaichi, d’autres remarques désobligeantes ont été rapportées, bien que l’agence Jiji ait précisé qu’elles n’étaient pas issues de ses journalistes. Ces commentaires portaient notamment sur la position politique de Takaichi, comparée au sanctuaire de Yasukuni, et sur une supposée influence de Taro Aso, un autre membre influent du PLD.

Nippon TV a modifié la vidéo originale, ne laissant subsister que les images de l’interview de Sanae Takaichi. La chaîne a justifié ce montage par une pratique courante de suppression de séquences non essentielles lors de la production de versions rediffusées, tout en précisant que les voix incriminées n’étaient pas celles de son personnel.

Selon des témoignages de journalistes politiques, les discussions informelles entre confrères sont fréquentes lors de ces longues attentes. Ces échanges, souvent teintés d’humour, peuvent parfois déborder en remarques acerbes. Cependant, l’incident a mis en évidence la vulnérabilité de ces conversations à l’ère numérique. Un rédacteur en chef de magazine a souligné que les journalistes plus âgés, issus de la génération Showa (1926-1989), ont souvent un ton plus direct et peuvent avoir des comportements considérés comme inappropriés aujourd’hui.

Malgré une amélioration générale des mœurs, le monde de la politique japonaise, surnommé “Nagata”, reste un environnement fermé où persistent des attitudes dépassées. Shotaro Tsuda, professeur à l’Institut des médias et de la communication de l’Université Keio, a souligné que, dans un contexte de critiques croissantes envers les médias traditionnels, tout comportement inapproprié est susceptible d’être médiatisé et condamné.

« De nos jours, il y a des caméras partout, et chaque mouvement d’un journaliste peut être rendu public. Nous devons toujours rester conscients que nous serons vus et nous engager dans les reportages avec une attitude professionnelle. »

Shotaro Tsuda, professeur à l’Institut des médias et de la communication de l’Université Keio

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