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La Cour d’appel va prononcer la condamnation à perpétuité de deux adolescents

Publié le 19 décembre 2023 à 16h22. La Cour d'appel irlandaise doit se prononcer après les fêtes sur la peine de prison à vie pour deux jeunes hommes, reconnus coupables de meurtre alors qu'ils étaient mineurs, suite à…

La Cour d’appel va prononcer la condamnation à perpétuité de deux adolescents

Publié le 19 décembre 2023 à 16h22. La Cour d’appel irlandaise doit se prononcer après les fêtes sur la peine de prison à vie pour deux jeunes hommes, reconnus coupables de meurtre alors qu’ils étaient mineurs, suite à une décision de la Cour suprême remettant en question la légalité des peines perpétuelles pour les crimes commis durant l’enfance.

  • Deux jeunes hommes, condamnés à la prison à vie pour meurtre, pourraient voir leur peine revue.
  • La Cour suprême a jugé que la peine de prison à vie ne doit être prononcée pour un mineur qu’en cas de circonstances exceptionnelles.
  • Les décisions de la Cour d’appel sont attendues après Noël.

La Cour d’appel irlandaise examinera les cas de deux jeunes hommes ayant commis des meurtres alors qu’ils étaient mineurs. Le premier, âgé de 14 ans au moment des faits, a été reconnu coupable du meurtre d’Urantsetseg Tserendorj, une femme de 49 ans, poignardée mortellement dans le centre-ville de Dublin en janvier 2021, alors qu’il tentait de lui voler son sac. Urantsetseg Tserendorj est décédée neuf jours après avoir été attaquée, le couteau ayant atteint une artère principale. Le jeune homme avait également menacé un commerçant et montré une arme blanche à une autre femme peu de temps auparavant.

Le second cas concerne un jeune homme de 17 ans, aujourd’hui âgé de 23 ans, reconnu coupable du meurtre de Cameron Blair, 20 ans, à Cork en janvier 2020. Cameron Blair avait tenté d’apaiser une dispute lors d’une fête étudiante lorsqu’il a été poignardé. Le jeune homme s’était initialement muré dans le silence avant de confesser aux gardes avoir commis l’acte, affirmant que cela faisait suite à une altercation avec un autre participant à la fête, ce que la vidéosurveillance a démenti.

Ces deux affaires reviennent devant la Cour d’appel suite à une décision historique de la Cour suprême irlandaise plus tôt cette année. La Cour suprême a estimé que les tribunaux n’ont pas le pouvoir de réexaminer la détention d’un enfant reconnu coupable de meurtre et que la peine de prison à vie ne devrait être prononcée que dans des circonstances exceptionnelles, lorsque les intentions et les actes du mineur sont comparables à ceux d’un adulte.

Lors de l’audience, l’avocat de la défense du jeune homme de 14 ans, Michael O’Higgins, a souligné que le juge du procès initial avait reconnu l’absence d’intention de tuer, parlant plutôt d’une « intention passagère » de causer des blessures lors d’un vol opportuniste. Il a également mis en avant le contexte familial difficile du jeune homme, élevé par sa grand-mère en raison de la toxicomanie de ses parents, et l’aggravation de sa propre consommation de drogue après avoir renoué avec sa mère biologique.

« La Cour suprême a estimé que la peine à imposer à un enfant pour meurtre ne serait probablement pas la perpétuité, à moins de circonstances « très exceptionnelles », notamment la préméditation et le niveau de prévoyance et de planification d’un adulte qui n’étaient pas présents dans cette affaire. »

Michael O’Higgins, avocat de la défense

De son côté, le procureur Sean Guerin a précisé que la Cour suprême ne s’était pas prononcée sur la pertinence d’une peine de prison à vie dans ce cas précis, rappelant qu’un arrêt antérieur de la Cour d’appel avait souligné le caractère intentionnel de l’attaque, au couteau, contre une femme vulnérable en pleine nuit.

L’avocat de la défense du jeune homme de 17 ans, Karl Finnegan, a quant à lui insisté sur le fait que son client, qui avait presque 18 ans au moment des faits, devait être considéré comme un enfant au regard de la loi et qu’il avait exprimé des remords sincères. Il a également souligné l’absence de préméditation et le fait que le cas ne relevait pas des « circonstances exceptionnelles » justifiant une peine perpétuelle. Le jeune homme a par ailleurs fait preuve de progrès scolaires depuis sa condamnation et a adressé une lettre de remords à la famille de la victime, bien que celle-ci ait refusé de la recevoir.

L’avocate du procureur, Anne Rowland, a rappelé que l’accusé s’était armé d’un grand couteau, l’avait brandi comme une arme et avait porté un coup profond et puissant à Cameron Blair. Elle a également souligné que le jeune homme avait initialement nié toute implication avant de finalement avouer aux autorités.

Le juge John Edwards a conclu en indiquant que les deux affaires avaient suscité une réflexion approfondie et que la décision de la Cour d’appel ne serait rendue qu’après les fêtes de fin d’année.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.