Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

La croissance surprenante de l’Inde dans un contexte de pressions tarifaires soulève des questions

Bangkok, le 3 décembre 2025 – L’économie indienne a affiché une croissance surprenante au troisième trimestre, défiant les prévisions et les droits de douane imposés par les États-Unis. Cette performance inattendue relance le débat sur la fiabilité des…

La croissance surprenante de l’Inde dans un contexte de pressions tarifaires soulève des questions

Bangkok, le 3 décembre 2025 – L’économie indienne a affiché une croissance surprenante au troisième trimestre, défiant les prévisions et les droits de douane imposés par les États-Unis. Cette performance inattendue relance le débat sur la fiabilité des données économiques officielles du pays.

Le produit intérieur brut (PIB) de l’Inde a progressé de 8,2 % entre juillet et septembre, surpassant les 7,8 % enregistrés le trimestre précédent. Ce chiffre dépasse les attentes des analystes, qui tablaient sur une croissance de 7,3 % selon un sondage Reuters. Malgré cette dynamique positive, le déficit commercial indien s’est creusé, atteignant près de 1 500 milliards de roupies (11 milliards de dollars) sur un an.

Plusieurs économistes expriment des réserves quant à l’exactitude de ces chiffres. Ils soulignent que la croissance pourrait être artificiellement gonflée en raison de méthodes de calcul discutables. Selon HSBC, la production manufacturière n’a pas été correctement ajustée pour tenir compte de la baisse des prix des matières premières, tandis que le déflateur du secteur des services intègre une part trop importante d’éléments manufacturiers. Ces distorsions pourraient ainsi exagérer la croissance réelle.

D’autres indicateurs économiques, tels que l’inflation à 0,25 % en octobre – un niveau historiquement bas – des rendements obligataires modérés et une croissance limitée du crédit, suggèrent que l’économie indienne n’est peut-être pas aussi dynamique que le laissent supposer les chiffres du PIB.

Néanmoins, même en tenant compte de ces ajustements, la croissance estimée reste autour de 7 %. Plusieurs facteurs contribuent à cette résilience : les réformes de la taxe à la consommation mises en œuvre avant les fêtes de fin d’année, qui ont stimulé les dépenses des ménages ; une mousson favorable et une inflation contenue, soutenant la demande dans les zones rurales ; et enfin, des réformes du marché du travail qui pourraient améliorer la productivité à long terme.

Cette performance économique a des implications stratégiques. L’Inde pourrait se sentir moins contrainte de réduire ses achats de pétrole brut russe, une position qui a suscité des tensions avec Washington et justifié l’imposition de droits de douane. Une croissance plus forte pourrait également donner à New Delhi un atout supplémentaire dans les négociations commerciales avec les États-Unis, notamment sur les questions agricoles sensibles.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.