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La découverte de mutations du gène CPD met en lumière une surdité congénitale rare

by Sophie Martin

Publié le 15 octobre 2025 01:21:00. Une équipe internationale de chercheurs a identifié un lien génétique crucial avec une forme rare de surdité congénitale, ouvrant la voie à de potentielles nouvelles thérapies. L’étude révèle que des mutations du gène CPD perturbent le fonctionnement de l’oreille interne et propose deux pistes de traitement prometteuses.

  • Des mutations du gène CPD sont impliquées dans une forme rare de surdité neurosensorielle congénitale.
  • Les chercheurs ont identifié deux approches thérapeutiques potentielles : la supplémentation en arginine et l’utilisation du sildénafil (Viagra).
  • L’étude suggère que le gène CPD pourrait également jouer un rôle dans la perte auditive liée à l’âge.

Des scientifiques de l’Université de Chicago, de l’Université de Miami et de plusieurs institutions en Turquie ont mis en évidence le rôle déterminant du gène CPD dans le développement d’une forme particulière de surdité présente dès la naissance. Leurs travaux, publiés dans le Journal of Clinical Investigation, démontrent que ce gène, traditionnellement associé au métabolisme des protéines, influence également le fonctionnement de l’oreille interne.

L’étude s’est concentrée sur des familles turques présentant une combinaison spécifique de mutations du gène CPD, conduisant à une surdité neurosensorielle (SNHL). Cette affection héréditaire, diagnostiquée généralement dans la petite enfance, provoque une perte auditive permanente, bien qu’elle puisse être partiellement compensée par des appareils auditifs ou des implants cochléaires. À ce jour, il n’existe aucun traitement médical curatif.

En analysant des bases de données génétiques, les chercheurs ont constaté que d’autres individus porteurs de mutations du gène CPD présentaient également des signes de perte auditive précoce, suggérant un lien plus large entre ce gène et les troubles de l’audition.

Les investigations ont révélé que le gène CPD code pour une enzyme essentielle à la production d’arginine, un acide aminé précurseur de l’oxyde nitrique, un neurotransmetteur crucial pour la transmission des signaux nerveux. Des mutations du gène CPD perturbent cette voie métabolique, entraînant un stress oxydatif et la mort des cellules sensorielles de l’oreille interne, notamment les cellules ciliées responsables de la détection des sons.

« Cette étude est passionnante car nous avons découvert un nouveau gène mutation lié à la surdité, et plus important encore, nous disposons d’un objectif thérapeutique qui peut réellement atténuer cette maladie. »

Rong Grace Zhai, PhD, professeur Jack Miller pour l’étude des maladies neurologiques en neurologie à UChicago

Pour valider leurs découvertes, l’équipe a utilisé des mouches des fruits comme modèle d’étude. Les mouches présentant des mutations du gène CPD ont manifesté des troubles du comportement similaires à ceux observés chez les personnes souffrant de perte auditive et de problèmes d’équilibre.

Les chercheurs ont ensuite testé deux approches thérapeutiques : l’administration de suppléments d’arginine pour compenser le déficit induit par la mutation, et l’utilisation de sildénafil (Viagra), un médicament connu pour stimuler les voies impliquant l’oxyde nitrique. Les deux traitements ont permis d’améliorer la survie des cellules ciliées et de réduire les symptômes de perte auditive chez les mouches des fruits.

« Ce qui rend ces résultats particulièrement encourageants, c’est que nous comprenons désormais le mécanisme cellulaire et moléculaire à l’origine de ce type de surdité, et que nous avons identifié une voie thérapeutique potentielle pour les patients », a déclaré Zhai. « C’est un excellent exemple de notre démarche visant à réutiliser des médicaments déjà approuvés par la FDA pour traiter des maladies rares. »

L’étude souligne également l’intérêt des modèles animaux, tels que les mouches des fruits, pour l’étude des maladies neurologiques, y compris les affections liées à l’âge. « Ils nous offrent la possibilité non seulement de comprendre les mécanismes pathologiques, mais aussi d’identifier des stratégies thérapeutiques », a précisé Zhai.

Les chercheurs prévoient désormais de mener des études complémentaires pour approfondir leur compréhension de la voie de signalisation de l’oxyde nitrique et de son rôle dans le système sensoriel de l’oreille interne. Ils souhaitent également déterminer la prévalence des mutations du gène CPD dans des populations plus larges, afin d’évaluer son implication potentielle dans d’autres formes de perte auditive, notamment celles liées à l’âge.

« Combien de personnes sont porteuses de variantes de ce gène et existe-t-il une susceptibilité à la surdité ou à une perte auditive liée à l’âge ? », s’interroge Zhai. « Pourrions-nous identifier un facteur de risque supplémentaire pour d’autres types de neuropathies sensorielles ? »

Source:

Référence du journal :

Ramzan, M., et al. (2025). Carboxypeptidase D deficiency causes treatable hearing loss. Journal of Clinical Investigation. doi.org/10.1172/jci192090

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