Publié le 18 janvier 2026 à 23h29. Une étude internationale révèle qu’un profil métabolique sanguin précis, influencé par les gènes et le mode de vie, peut prédire le risque de développer un diabète de type 2 des années avant l’apparition des premiers symptômes.
- L’analyse de centaines de métabolites dans le sang a permis d’identifier 235 marqueurs associés au risque de diabète de type 2.
- Les facteurs liés au mode de vie, notamment l’activité physique et l’alimentation, jouent un rôle majeur dans la variation de ces métabolites.
- Une signature métabolique combinant 44 marqueurs améliore la prédiction du risque par rapport aux méthodes conventionnelles.
Le diabète, une crise de santé publique mondiale, touche actuellement près de 589 millions d’adultes à travers le monde, un chiffre qui devrait dépasser les 853 millions d’ici 2050. Plus de 90 % des cas relèvent du diabète de type 2 (DT2), caractérisé par une résistance à l’insuline et une glycémie élevée.
Des recherches antérieures avaient déjà identifié plus de 100 métabolites – de petites molécules produites par le métabolisme – associés au risque de DT2. Cependant, les liens entre ces métabolites, les prédispositions génétiques et les habitudes de vie restaient mal compris. Pour combler cette lacune, des chercheurs du Mass General Brigham et de l’Albert Einstein College of Medicine ont analysé les données métabolomiques de 23 634 personnes initialement non diabétiques, sur une période de suivi pouvant aller jusqu’à 26 ans.
Leurs analyses ont révélé 235 métabolites associés au développement du DT2, dont 67 n’avaient pas été identifiés auparavant. Ces associations restaient significatives même après avoir pris en compte des facteurs de risque connus tels que l’obésité, les taux de lipides dans le sang, la tension artérielle, l’activité physique et la qualité de l’alimentation.
L’étude a également mis en évidence des liens entre ces métabolites et des voies biologiques impliquées dans la résistance à l’insuline, la régulation du glucose, le stockage des graisses et la fonction hépatique. Les chercheurs ont constaté que l’activité physique, l’obésité et l’alimentation expliquaient une part importante des variations observées dans les métabolites liés au diabète, suggérant que ces facteurs pourraient agir comme des médiateurs entre le mode de vie et le risque de maladie.
Plus précisément, les métabolites qui expliquent l’effet bénéfique de l’activité physique sur le risque de diabète sont principalement liés à la résistance à l’insuline et à l’accumulation de graisse dans les organes. En revanche, les métabolites associés à la consommation de café ou de thé sont liés au métabolisme des polyphénols, à la réponse du corps au glucose et à la fonction hépatique, avec des effets parfois protecteurs et parfois délétères.
Enfin, les chercheurs ont développé une signature de risque basée sur 44 métabolites qui améliore significativement la prédiction du risque de DT2 par rapport aux méthodes classiques, incluant l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle (IMC) et la glycémie. Cette signature a été validée sur plusieurs cohortes et permet d’identifier les individus présentant un risque élevé de développer la maladie bien avant le diagnostic clinique.
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies de prévention ciblées et à des outils de surveillance métabolique pour évaluer l’efficacité des interventions liées à l’alimentation et au mode de vie. Des études complémentaires, notamment des essais cliniques randomisés, seront nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer si la modification des niveaux de ces métabolites peut effectivement réduire le risque de diabète de type 2.
Bien que l’étude ait inclus des participants de diverses origines ethniques, la population étudiée était majoritairement blanche non hispanique (environ 77 %). Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études supplémentaires sur des populations plus diversifiées pour confirmer la généralisation de ces résultats.

