Publié le 11 janvier 2026 à 01h04. De nouvelles manifestations ont éclaté dans plusieurs villes d’Iran, malgré la répression des forces de sécurité et des perturbations massives des communications, témoignant d’une contestation persistante face au pouvoir en place.
- Des manifestations ont eu lieu à Téhéran, Ispahan, Mashhad, Tabriz et d’autres villes, malgré les tirs, les barrages routiers et les coupures d’internet.
- Les manifestants scandent des slogans antigouvernementaux, dont « Mort au dictateur » et « Ni Gaza ni Liban, ma vie pour l’Iran ».
- Le guide suprême Ali Khamenei a averti que le régime ne céderait pas face aux troubles et a menacé les États-Unis.
La contestation sociale en Iran s’intensifie, avec des rassemblements nocturnes qui se multiplient dans les grandes villes du pays. Des témoins oculaires rapportent des scènes de blocages de routes, d’incendies de véhicules de police et de confrontations avec les forces de l’ordre. Les manifestations, parmi les plus importantes depuis le début des troubles, se déroulent dans un contexte de fortes restrictions à la liberté d’expression et d’accès à l’information.
À Téhéran, des manifestants se sont regroupés dans plusieurs quartiers après la tombée de la nuit, perturbant la circulation et défiant ouvertement les autorités. Des klaxons retentissaient continuellement, signe d’une mobilisation coordonnée. À Ispahan, la foule a scandé « Khamenei est un meurtrier, son règne est illégitime », ainsi que des slogans monarchistes tels que « Vive le roi », selon une vidéo vérifiée par Iran International. À Mashhad, les manifestants ont réclamé le retour de la famille Pahlavi, en scandant « C’est la dernière bataille, Pahlavi reviendra ». Des images de Tabriz montrent des manifestants désactivant les caméras de surveillance et érigeant des barricades.
Dans plusieurs villes du sud et du centre du pays, des scènes similaires ont été rapportées, avec des manifestants brûlant des symboles de la République islamique et restant dans les rues malgré les coupures d’internet, les perturbations du service téléphonique et les difficultés rencontrées pour effectuer des paiements électroniques. Des témoignages suggèrent que les forces de sécurité sont débordées dans certaines zones, recourant à l’intimidation, aux tirs de sommation et à la force. À Zahedan, dans le sud-est de l’Iran, des groupes de défense des droits humains ont fait état de tirs directs sur des manifestants après la prière du vendredi, faisant plusieurs blessés.
Le procureur de Téhéran, Ali Salehi, a annoncé que les personnes accusées d’incendie criminel, de destruction de biens publics ou d’affrontements armés avec les forces de sécurité seraient accusées de moharebeh, un crime passible de la peine de mort en vertu de la loi iranienne. Ali Larijani, chef de la sécurité iranienne a imputé les décès survenus lors des troubles à des « manifestants armés » et a déclaré que les forces de sécurité avaient commencé à arrêter les meneurs, selon ses dires. Les services de renseignement des Gardiens de la révolution iraniens ont également mis en garde contre la poursuite des manifestations, les jugeant « inacceptables ».
Le Conseil suprême de sécurité nationale a accusé des puissances étrangères d’être à l’origine des troubles et a affirmé que les forces de sécurité et le système judiciaire ne feraient preuve d’aucune indulgence envers les « saboteurs ». Les autorités éducatives ont annoncé la transition vers des cours en ligne dans plusieurs provinces, invoquant des problèmes de sécurité et les perturbations liées aux coupures d’électricité.
En exil, le prince Reza Pahlavi a appelé les manifestants à retourner dans les rues ce week-end, à se diriger vers les centres-villes et à se préparer à une présence prolongée. Il a également lancé un appel aux grèves nationales dans les secteurs des transports, du pétrole et du gaz, afin de priver l’État de ses revenus. Le prince Pahlavi a affirmé que les manifestations avaient révélé les faiblesses de l’appareil de sécurité et a appelé les membres des forces armées qui soutiennent l’opposition à perturber davantage la répression. Il a également annoncé son intention de retourner en Iran pour se tenir aux côtés des manifestants.
La communauté internationale exprime son inquiétude face à la situation. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « profondément troublé » par les informations faisant état de violences et a appelé à des enquêtes indépendantes et au rétablissement des communications. L’Union européenne a condamné tout recours excessif à la force et a appelé à la retenue, tandis que la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont publié une déclaration commune appelant les autorités iraniennes à protéger les rassemblements pacifiques. Le président américain Donald Trump a mis en garde l’Iran contre le meurtre de manifestants et a affirmé que Washington surveillait de près la situation. Plusieurs compagnies aériennes, dont Flydubai et Turkish Airlines, ont annulé leurs vols vers l’Iran, soulignant l’impact international croissant de cette crise qui entre dans sa deuxième semaine.
