L’invitation du groupe parlementaire Suisse-Palestine

La visite de Rima Hassan s’inscrit dans un cadre institutionnel précis. C’est le conseiller aux États Carlo Sommaruga, qui préside le groupe parlementaire Suisse-Palestine, qui a orchestré cette venue. Selon les informations rapportées par Le Temps, l’eurodéputée sera présente à Berne lors de la deuxième semaine de la session d’été, laquelle débute ce lundi.
Ce choix d’invitation n’est pas anodin. En accueillant une figure aussi polarisante que Rima Hassan, le groupe parlementaire Suisse-Palestine affirme sa volonté de maintenir un dialogue avec les voix les plus critiques et actives de la scène européenne sur le dossier palestinien.
Le lien avec les flottilles pour Gaza de 2025

L’entourage de la députée pour ce déplacement souligne une continuité dans l’action militante. Rima Hassan sera accompagnée par Rémy Pagani, ancien maire de Genève. Ce dernier s’était illustré en participant à la flottille pour Gaza en 2025, une expédition dont d’autres membres suisses, revenus récemment du territoire palestinien, seront également présents lors de ce passage à Berne.
Le parcours de l’eurodéputée est lui-même marqué par ces actions directes. Rima Hassan a été arrêtée en mer en 2025, avant d’être transférée en Israël puis expulsée. Cette expérience commune avec des militants suisses renforce la légitimité de son invitation aux yeux de ses soutiens au sein du Parlement, transformant une visite diplomatique en un rassemblement de figures de la résistance active.
Les accusations d’antisémitisme et la défense de Sommaruga
La venue de la députée ne fait pas consensus. En France, Rima Hassan fait l’objet de plusieurs plaintes pénales, ses opposants l’accusant d’antisémitisme. Ces tensions judiciaires franchissent les frontières, et Carlo Sommaruga reconnaît que l’invitation subit des pressions provenant du réseau de soutien à Israël.
“Rima Hassan n’a jusqu’à ce jour pas été condamnée en France”
Carlo Sommaruga, conseiller aux États
Pour Sommaruga, l’absence de condamnation définitive en France justifie pleinement l’accueil de l’élue. Il considère que les attaques visant la députée s’inscrivent dans un schéma plus large de pressions exercées contre toute personne plaidant la cause palestinienne avec vigueur. En s’appuyant sur le statut d’eurodéputée de Rima Hassan, Sommaruga oppose la légitimité du mandat électif aux accusations portées par des réseaux militants.
La coordination sécuritaire à Berne
Conscient de la charge symbolique et politique de cette visite, Carlo Sommaruga a pris des dispositions concrètes. Comme le précise l’élu, les services de sécurité du parlement ont été dûment avisés.
Cette mesure est standard pour toute personnalité exposée, mais elle souligne ici le risque de manifestations ou de tensions au sein même de la capitale fédérale. La gestion de cette visite sera un test pour la sécurité parlementaire, devant concilier la liberté d’invitation d’un groupe parlementaire et la neutralité apparente des lieux.
Le passage de Rima Hassan à Berne dépasse le simple cadre d’une rencontre politique. Il cristallise le clivage actuel entre une diplomatie institutionnelle et un activisme frontal. En liant son image à celle de Rémy Pagani et des participants aux flottilles de 2025, la députée importe à Berne une stratégie de confrontation qui pourrait fragiliser les équilibres internes du groupe parlementaire Suisse-Palestine, tout en forçant le Parlement suisse à se positionner sur la limite entre liberté d’expression politique et apologie.
