Publié le 21 décembre 2025 à 09h59. La journaliste Maria Tsantsarova, figure critique du paysage médiatique bulgare, a été écartée de son émission matinale sur la chaîne bTV, suscitant des inquiétudes quant à la liberté de la presse dans un contexte politique déjà tendu en Bulgarie.
- L’Association des journalistes européens en Bulgarie dénonce un possible « vidage des chaises » et appelle bTV à reconsidérer sa décision.
- Cette mise à l’écart intervient après la chute du gouvernement de coalition bulgare, fragilisé par des manifestations massives.
- La Bulgarie a chuté de 59 à 70ème place au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).
L’annonce de la suspension de Maria Tsantsarova de l’antenne de bTV a provoqué une vive réaction, notamment parmi ses collègues et des citoyens qui se sont rassemblés devant le siège de la chaîne pour témoigner de leur soutien. Certains manifestants arboraient des tasses portant le slogan « Il est temps de faire un vrai changement », en référence à une tasse que la journaliste avait récemment utilisée à l’antenne.
L’Association des journalistes européens en Bulgarie (AJEB) s’est déclarée préoccupée par cette situation. Elle craint que cette décision ne fasse partie d’une stratégie plus large visant à réduire au silence les voix critiques.
« Nous sommes préoccupés par le risque d’un nouveau ‘vidage des chaises’ – la suppression des voix critiques – des ondes nationales bulgares. Nous appelons la direction de bTV à prendre une décision raisonnable qui ne va pas à l’encontre de l’intérêt public ou de la législation protégeant la liberté d’expression. »
Association des journalistes européens Bulgarie
bTV a réagi en publiant un communiqué niant toute expulsion de journalistes. La chaîne affirme qu’elle est en « dialogue » avec Maria Tsantsarova et qu’elle étudie des « possibilités de développement de son contenu de programmation » pour l’année à venir, une pratique qu’elle qualifie de courante. Ni Maria Tsantsarova ni son collègue, Yochev, n’ont pour l’instant fait de déclaration publique à ce sujet.
Cette affaire se déroule dans un contexte politique particulièrement instable en Bulgarie. La semaine dernière, le gouvernement de coalition a démissionné suite à une vague de manifestations antigouvernementales d’une ampleur sans précédent dans l’histoire du pays, moins d’un an après sa prise de fonction. Le gouvernement de Rosen Zhelyazkov a ainsi été renversé par la pression populaire. Les manifestations étaient motivées par un mécontentement généralisé face à la corruption et au manque de réformes.
La situation de la liberté de la presse en Bulgarie est déjà préoccupante. Selon le classement mondial de Reporters sans frontières (RSF), le pays a perdu 11 places en un an, passant de la 59ème à la 70ème position en 2025. RSF souligne que « la liberté de la presse est fragile et instable dans l’un des pays les plus pauvres et les plus corrompus de l’Union européenne » et que « les rares médias indépendants en Bulgarie sont sous pression ».
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