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La destruction de la liberté et de la valeur humaine par Trump

by Nicolas Lefèvre

L’administration Trump est accusée de mener une politique délibérée de restriction de l’accès aux soins de santé et à l’alimentation pour des millions d’Américains, au moment où le président multiplie les gestes symboliques et les dépenses controversées.

La semaine dernière, le président Donald Trump a décrété une « semaine anticommuniste » du 2 au 8 novembre, un geste perçu par certains comme une diversion face aux décisions controversées prises par son administration. Dans ce décret, il réaffirme son engagement à « défendre la cause de la liberté et de la valeur humaine », soulignant qu’« aucun système de gouvernement ne pourra jamais remplacer la volonté et la conscience d’un peuple libre ».

Or, selon les sondages, près de quatre Américains sur cinq soutiennent le programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), estimant que le gouvernement doit aider les personnes en situation de précarité alimentaire. Même 69 % des électeurs républicains se prononcent en faveur de ce programme. Plus de 77 % des personnes interrogées se disent préoccupées par une éventuelle suppression de ces aides en cas de fermeture du gouvernement.

Cependant, l’administration Trump a ordonné à son ministère de l’Agriculture de restreindre la distribution des prestations SNAP et a fait appel des décisions de justice ordonnant le versement de ces aides. Elle a même demandé aux États qui avaient choisi de maintenir ces prestations, suite à une décision de justice défavorable, de récupérer les sommes versées aux bénéficiaires. Finalement, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a suspendu ces décisions de justice, privant ainsi des millions d’Américains d’une aide alimentaire essentielle. En conséquence, l’insécurité alimentaire s’est accrue pour de nombreux foyers.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la fermeture du gouvernement est due, selon les critiques, à l’obstruction de Trump concernant les subventions d’assurance maladie prévues par l’Affordable Care Act. Ses alliés au Congrès ont refusé d’inclure le financement de ces subventions dans le projet de loi de financement gouvernemental.

« Je ne peux penser à aucun autre moment de l’histoire américaine où un président ait délibérément cherché à nuire à autant d’Américains, en rendant les soins de santé inabordables et en privant des familles de la possibilité de se nourrir », a déclaré un observateur. Il ne s’agit pas seulement d’une erreur politique, mais d’un manquement total au devoir de bien-être envers autrui.

Parallèlement à ces mesures, le président Trump organise des réceptions fastueuses à Mar-a-Lago et continue de solliciter des dons de milliardaires pour financer des projets controversés, comme la rénovation de la salle de bal de la Maison Blanche, un projet auquel une majorité d’Américains s’oppose.

La question se pose de savoir si la responsabilité de la suspension temporaire des bons d’alimentation incombe à Trump et à ses conseillers, ou à la Cour suprême. Quoi qu’il en soit, il est clair que les institutions du pays – la présidence, le Congrès et la Cour suprême – semblent déconnectées des préoccupations des citoyens ordinaires.

D’autres décisions récentes de l’administration Trump suscitent l’inquiétude. Face aux perturbations croissantes du trafic aérien, liées au manque de personnel des contrôleurs aériens, le président a exigé un retour immédiat au travail de tous les employés, sous peine de sanctions. Ce langage, qualifié de « langage de maître d’esclaves », a été vivement critiqué.

En revanche, les voyageurs et les employés du secteur public ont manifesté leur solidarité envers les contrôleurs aériens, tandis que les Américains ont fait preuve de générosité envers les personnes touchées par la suspension des aides alimentaires, en faisant des dons aux banques alimentaires et aux associations caritatives.

Sur le plan international, la politique de l’administration Trump en matière de lutte contre le trafic de drogue, qui consiste à autoriser l’élimination d’équipages de bateaux soupçonnés de trafic, suscite également la controverse. Si cette politique est soutenue par une minorité d’Américains, elle est fermement rejetée par de nombreux gouvernements étrangers, notamment le Royaume-Uni et le Canada, qui ont réduit ou interrompu le partage de renseignements avec les États-Unis.

Le trumpisme, avec son mépris des normes internationales, est de plus en plus isolé sur la scène mondiale. Et, comme l’ont montré les élections du 4 novembre, il est également rejeté par une majorité croissante de l’opinion publique américaine.

Lors d’une visite impromptue à un match de football des Commanders à Washington, DC, le président Trump a été accueilli par des huées pendant plus de deux minutes, témoignant du mécontentement croissant de la population. Ce son, après les acclamations du Bronx, est perçu comme un signe fort de rejet de la politique de l’administration Trump.

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