Publié le 17 novembre 2025. Le financement par la dette se confirme comme une alternative de plus en plus prisée au capital-risque traditionnel en Afrique, avec un volume de transactions qui dépasse déjà celui de l’ensemble de l’année 2024.
- Les start-up africaines ont levé 1,6 milliard USD (environ 1,5 milliard d’euros) sous forme de dette entre janvier et septembre 2025.
- Pour la première fois, le montant des financements par la dette surpasse celui des investissements en capital propre (equity).
- L’Afrique de l’Est, et plus particulièrement le Kenya, domine le marché du financement par la dette.
Longtemps considéré comme un marché de niche, le venture debt gagne du terrain auprès des jeunes entreprises africaines en quête de financement. Un rapport publié le 13 novembre par l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA) révèle une tendance forte : durant les neuf premiers mois de 2025, les start-up du continent ont mobilisé 1,6 milliard USD (environ 1,5 milliard d’euros) sous forme de dette, un chiffre qui dépasse déjà le total enregistré sur l’ensemble de l’année 2024, qui s’élevait à 1 milliard USD (environ 940 millions d’euros).
Cette dynamique est d’autant plus notable qu’elle marque un tournant : pour la première fois, le volume des financements par la dette dépasse celui des investissements en equity, c’est-à-dire la cession de parts de capital à des fonds d’investissement. Ces derniers ont injecté 1,4 milliard USD (environ 1,3 milliard d’euros) dans des start-up africaines, répartis sur 362 transactions, un niveau stable par rapport à la même période en 2024.
L’essor du financement par la dette s’explique en partie par la conclusion de six méga-transactions, représentant un total de 1,1 milliard USD (environ 1 milliard d’euros). Parmi celles-ci, on note les emprunts contractés par Sun King, une entreprise kényane spécialisée dans les solutions d’énergie solaire (156 millions USD, soit environ 145 millions d’euros), et par Wave, une fintech sénégalaise (137 millions USD, soit environ 128 millions d’euros).
Sur le plan géographique, l’Afrique de l’Est se positionne comme le principal moteur de cette croissance. Le Kenya concentre à lui seul 22 % des transactions de dette sur les trois premiers trimestres de 2025, soit le double de l’Égypte, du Ghana et du Nigeria, qui affichent chacun une part d’environ 11 %. La valeur médiane des transactions de dette s’établit à 7 millions USD (environ 6,5 millions d’euros), légèrement inférieure au record de 7,5 millions USD (environ 7 millions d’euros) atteint en 2024. En comparaison, la valeur médiane des transactions en equity s’élève à 3 millions USD (environ 2,8 millions d’euros), en hausse de 20 % par rapport à la période correspondante de 2024.
Ces chiffres témoignent d’une transformation profonde de l’écosystème des start-up africaines. La dette n’est plus perçue comme un simple complément au capital-risque, mais comme un levier puissant pour stimuler la liquidité et favoriser la croissance des entreprises.
L’Afrique australe en tête des investissements en capital-risque
À l’inverse, l’Afrique australe domine le paysage des investissements en capital-risque, captant 26 % de la valeur totale des transactions réalisées au cours des neuf premiers mois de 2025. Cette performance est due à un nombre important de cycles de financement supérieurs à 20 millions USD (environ 18,7 millions d’euros).
L’Afrique du Nord arrive en deuxième position avec une part de 23 % de la valeur totale des transactions, suivie de l’Afrique de l’Ouest (21 %), de l’Afrique de l’Est (11 %) et de l’Afrique centrale (1 %). Les start-up opérant dans plusieurs régions africaines (multi-régions) ont attiré 18 % de la valeur totale des transactions à l’échelle continentale.
En termes de secteurs d’investissement, les services financiers se distinguent en captant 31 % des fonds, suivis par les technologies de l’information (20 %), l’industrie (13 %), les biens de consommation courante (8 %) et les services publics (8 %).
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