Publié le 5 décembre 2025 à 14h02. Le salaire de la directrice générale de la SSR, Susanne Wille, fait l’objet de vives critiques alors que le débat sur la réduction de moitié des redevances de service public bat son plein, suscitant un front commun inattendu entre la gauche et la droite.
- La directrice de la SSR, Susanne Wille, perçoit un salaire annuel d’environ 500 000 francs suisses (518 000 francs avec les avantages sociaux).
- Le syndicat FAU et le conseiller national UDC Thomas Knutti demandent une réduction de ce salaire.
- Cette polémique intervient dans le cadre du débat sur l’initiative visant à réduire de moitié les redevances de la SSR.
Une alliance surprenante se dessine dans le débat autour de l’initiative populaire visant à réduire de moitié les redevances de la SSR. Le salaire de sa directrice générale, Susanne Wille, est désormais au centre des discussions. Selon les chiffres de la SSR, Mme Wille touche un salaire annuel de 499 000 francs suisses, qui s’élève à 518 000 francs avec les avantages sociaux.
Les critiques émanent d’abord du Syndicat des travailleurs libres (FAU), qui s’inquiète des potentielles suppressions d’emplois liées à l’initiative. Sur Instagram, le syndicat souligne que le directeur général perçoit environ 45 000 francs par mois et estime qu’il existe des marges de manœuvre pour réaliser des économies ailleurs.
Le conseiller national UDC Thomas Knutti se joint à cette critique, déclarant :
« Il n’est pas possible que Susanne Wille gagne un demi-million de francs. Alors que la SSR se plaint que le citron a été évincé. »
Thomas Knutti, conseiller national UDC
Il exige que les salaires de la direction de la SSR soient ramenés à un « niveau raisonnable ». Nau.ch rapporte que cette position est partagée par des voix de différents bords politiques.
Hans-Ulrich Bigler, ancien directeur de l’Association suisse du commerce et membre du comité d’initiative de l’initiative de réduction de moitié, nuance cependant ce débat. Il estime que
« Le débat sur les salaires est une tactique de diversion et un simulacre de débat. »
Hans-Ulrich Bigler, ancien directeur de l’Association suisse du commerce
Il insiste sur le fait que le vote sur l’initiative ne porte pas sur un programme d’austérité, mais sur le mandat constitutionnel de la SSR.
Selon lui, une réduction des cotisations permettrait à la SSR de se recentrer sur ses missions principales et d’éviter de s’étendre dans des domaines jugés superflus. Il ajoute qu’une baisse des salaires n’aurait qu’un impact limité sur le budget global de l’entreprise : « Économiser quelques centaines de milliers de francs sur les salaires n’augmenterait pas sensiblement le budget de la SSR. »
La SSR se défend en affirmant que les salaires de ses cadres sont conformes à la moyenne du marché. L’entreprise a annoncé une réduction du nombre de cadres, passant de huit à sept, mais un porte-parole a précisé qu’une baisse des salaires pour le reste de l’équipe n’était pas à l’ordre du jour. Il a également souligné que la SSR se situe dans la moyenne inférieure en matière de rémunération par rapport aux autres entreprises fédérales. La décision finale concernant la rémunération de la direction revient à l’assemblée des délégués, l’organe suprême de l’entreprise.
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