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La douleur chronique touche 40 % de la population brésilienne

by Sophie Martin

Publié le 18 janvier 2024 14h30. Les douleurs chroniques, en particulier les hernies discales, touchent de plus en plus de Brésiliens, impactant leur vie professionnelle et personnelle. Une tendance exacerbée par des facteurs tels que la charge de travail combinée et le manque d’activité physique.

  • Le nombre de personnes souffrant d’une hernie discale incurable a augmenté de 36 % à 40 % entre 2023 et 2025, selon des études du ministère de la Santé.
  • Dans la région nord du Brésil, une femme sur cinq souffre de douleurs chroniques durant plus de trois mois.
  • La douleur chronique est la principale cause d’absentéisme au travail, entraînant des conséquences sur la santé mentale et la qualité de vie.

Andréia Xavier, vendeuse à Manaus, a vu sa vie basculer lors d’un geste anodin : soulever un carton. « J’allais porter une boîte qui n’était pas lourde, et quand j’ai essayé de bouger, je suis restée bloquée », raconte-t-elle. Après des jours de souffrance, le diagnostic est tombé : une hernie discale, suite à une luxation lombaire initiale. Deux ans d’arrêt de travail et une intervention chirurgicale ont été nécessaires, mais les douleurs chroniques persistent, une réalité partagée par de nombreux Brésiliens.

Selon les données du ministère de la Santé, la proportion de personnes atteintes d’une hernie discale incurable a progressé de 36 % à 40 % de la population entre 2023 et 2025. La région nord du Brésil est particulièrement touchée, avec une femme sur cinq souffrant de douleurs chroniques durant plus de trois mois. Les facteurs contribuant à cette situation sont multiples, allant des problèmes hormonaux à la charge de travail excessive.

Le docteur Marcos Gassen Martins, chirurgien de la colonne vertébrale et spécialiste de la médecine de la douleur à Manaus, souligne l’impact du double emploi, notamment pour les femmes qui cumulent travail extérieur et tâches ménagères.

« C’est une double journée car elles travaillent à l’extérieur de la maison et aussi à la maison, où il y a beaucoup de ménage. Elles rapportent qu’elles ne peuvent pas passer dix minutes à faire la vaisselle, à préparer le déjeuner et qu’elles doivent maintenant s’allonger à cause de la douleur. »

Marcos Gassen Martins, chirurgien orthopédiste et traumatologue

La douleur chronique est désormais la première cause d’absentéisme au travail en 2024, selon le ministère de la Sécurité Sociale. L’Institut National de la Sécurité Sociale (INSS) a identifié la lombalgie, la hernie discale, l’arthrose et la fibromyalgie comme les principales causes de congés pour invalidité temporaire dans le pays.

Mais les conséquences de la douleur chronique dépassent le simple aspect physique. Elle peut engendrer des troubles de santé mentale tels que l’anxiété, la dépression et des troubles du sommeil, ainsi qu’une baisse de la productivité. Andréia Xavier témoigne de l’impact sur sa vie personnelle :

« Parfois, j’allais à Ponta Negra pour marcher avec mon mari et mon fils et je devais m’arrêter parce que la douleur s’aggravait et irradiait jusqu’au pied, jusqu’au genou… Aujourd’hui, j’ai une vie plus heureuse. »

Andréia Xavier, vendeuse

Le docteur Marcos Martins explique que la relation entre la douleur et la tristesse s’explique par le fonctionnement du cerveau humain. Ces deux états partagent la même zone de régulation, ce qui signifie qu’un changement dans la perception de la douleur peut affecter l’humeur et créer un cercle vicieux.

« Cela entraîne une perte significative de qualité de vie et de travail, entraîne des absences et une demande encore plus grande de soins d’urgence. »

Marcos Gassen Martins, chirurgien orthopédiste et traumatologue

Un diagnostic précis est essentiel, mais peut être complexe. Il faut distinguer la douleur chronique, qui peut être un symptôme persistant après la guérison de la maladie initiale. Souvent, elle résulte d’une douleur aiguë mal traitée ou d’une automédication inappropriée.

Le traitement varie en fonction de la réaction du patient et du type de douleur. Les médicaments peuvent soulager les douleurs aiguës, tandis que les changements de mode de vie, la physiothérapie, l’acupuncture et, dans certains cas, la chirurgie peuvent être nécessaires pour les douleurs chroniques. La médecine a fait des progrès considérables, avec le développement de techniques mini-invasives telles que la chirurgie endoscopique de la colonne vertébrale et la neuromodulation.

En cas de suspicion, il est crucial de consulter un médecin, de préférence un orthopédiste, un neurochirurgien, un neurologue ou un rhumatologue. Plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est efficace. La prévention passe avant tout par la lutte contre la sédentarité.

« Notre mantra en orthopédie est que le mouvement c’est la vie, rester assis ou allongé pendant une longue période provoque une surcharge musculaire. L’exercice est toujours nécessaire. Mais cela ne sert à rien de simplement faire de l’exercice, je dis généralement aux patients que nous sommes des machines, que nous avons besoin d’entretien. Une voiture qui parcourt 300 kilomètres s’usera beaucoup plus vite qu’une voiture qui roule une fois par semaine. Le repos et les habitudes saines doivent être mis à jour. »

Marcos Gassen Martins, chirurgien orthopédiste et traumatologue

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