Home NouvellesLa Haute Cour de Delhi annule l’ordonnance de Lokpal accordant une sanction pour l’acte d’accusation du CBI contre Mahua Moitra

La Haute Cour de Delhi annule l’ordonnance de Lokpal accordant une sanction pour l’acte d’accusation du CBI contre Mahua Moitra

by Nicolas Lefèvre

Publié le 19 décembre 2025 à 05h15. La Haute Cour de Delhi a annulé une décision du Lokpal, l’ombudsman indien, qui autorisait l’ouverture d’une enquête pour corruption contre la députée Mahua Moitra, dans une affaire de pots-de-vin présumés liés à des questions posées au Parlement. Cette décision intervient après une contestation juridique de la députée, qui dénonce une procédure irrégulière.

  • La Haute Cour a estimé que le Lokpal avait commis une erreur d’interprétation de la loi.
  • Elle a ordonné au Lokpal de réexaminer la question de l’autorisation de poursuites dans un délai d’un mois.
  • L’affaire concerne des accusations selon lesquelles Mahua Moitra aurait reçu des avantages en échange de questions posées au Parlement.

La décision de la Haute Cour de Delhi marque un rebondissement significatif dans cette affaire qui a secoué le paysage politique indien. Mahua Moitra, membre du Congrès de Trinamool, avait contesté l’ordonnance du Lokpal du 12 novembre, la jugeant entachée d’irrégularités et violant les principes fondamentaux de la justice naturelle. Elle affirmait que ses arguments et ses preuves n’avaient pas été pris en compte lors de la décision d’autoriser une enquête.

Lors de l’audience, l’avocat de Mahua Moitra, Nidhesh Gupta, a souligné un vice de procédure majeur. Il a rappelé que l’article 20(7) de la loi Lokpal exige l’obtention des observations de l’accusé avant d’accorder une autorisation de poursuite. Or, selon lui, le Lokpal avait déclaré qu’il ne prendrait connaissance d’aucun document avant de rendre sa décision, ce qui constitue une violation de la loi.

« Je ne verrai aucun document »

Lokpal (selon l’avocat de Mahua Moitra)

De son côté, le procureur général adjoint SV Raju, représentant la CBI (Central Bureau of Investigation), a soutenu que Mahua Moitra n’avait pas droit à une audience préalable, mais qu’elle en avait tout de même bénéficié devant le Lokpal. Il a fait valoir qu’il est de jurisprudence constante qu’un accusé ne doit pas être entendu avant l’octroi d’une autorisation de poursuite, mais qu’il peut soumettre des observations écrites.

L’avocat représentant le plaignant, Dubey, Jivesh Nagrath, a quant à lui insisté sur le fait que l’article 20 de la loi Lokpal prévoit une procédure complète et que les observations de Mahua Moitra avaient bien été soumises au Lokpal.

L’affaire a été déclenchée par une plainte déposée par Dubey auprès du président du Lok Sabha, accusant Mahua Moitra d’avoir accepté des pots-de-vin pour poser des questions au Parlement. Dubey affirmait que ces allégations étaient basées sur une lettre qui lui avait été adressée par Dehadrai.

Mahua Moitra a réfuté ces accusations et a envoyé une mise en demeure légale à Dubey, Dehadrai et à plusieurs médias. Elle avait également admis, dans une interview accordée à The Indian Express, avoir partagé ses identifiants et son mot de passe du Parlement avec l’homme d’affaires Darshan Hiranandani, mais a nié avoir reçu de l’argent en contrepartie.

La Haute Cour a donc estimé que le Lokpal avait agi de manière précipitée en accordant une autorisation de poursuite sans examiner attentivement les arguments de la défense de Mahua Moitra, réduisant son rôle à une simple « approbation automatique » du rapport d’enquête. Le Lokpal n’avait pas non plus pris en compte la possibilité d’un classement de l’affaire.

La Cour a ordonné au Lokpal de réexaminer la question de l’autorisation de poursuite dans un délai d’un mois, en tenant compte de tous les éléments de preuve et des arguments présentés par les parties.

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