Publié le 9 novembre 2023 14h35. Le Grupo Salinas, conglomérat mexicain dirigé par Ricardo Salinas Pliego, menace de poursuivre le service des impôts (SAT) alors qu’une décision défavorable de la Cour Suprême est attendue concernant un litige fiscal de près de 48,4 milliards de pesos (environ 2,5 milliards d’euros).
- Le Grupo Salinas envisage une action en justice contre le SAT, dénonçant un « silence administratif volontaire » et un refus de ses droits constitutionnels.
- La Cour Suprême a déjà rejeté une demande de report de l’examen de sept dossiers fiscaux impliquant Tv Azteca et Elektra, filiales du groupe.
- Les dettes fiscales contestées remontent jusqu’en 2008 et concernent des impôts, des pénalités et des intérêts.
Face à une probable décision défavorable de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) dans le cadre de plusieurs litiges fiscaux, le Grupo Salinas a annoncé son intention de porter plainte contre le Service de l’Administration Fiscale (SAT). Dans un communiqué diffusé dimanche, le conglomérat accuse le SAT de ne pas avoir répondu à ses demandes d’informations et de lui refuser son droit constitutionnel de pétition.
La semaine dernière, le président de la SCJN, Hugo Aguilar Ortiz, avait déjà refusé de suspendre l’examen de sept affaires fiscales impliquant les chaînes de télévision Tv Azteca et les magasins Elektra, toutes deux appartenant au Grupo Salinas. Le groupe avait argumenté qu’il cherchait à obtenir un accord avec le gouvernement fédéral pour ajuster le montant des dettes.
Il s’agit de la deuxième tentative du Grupo Salinas, au cours des deux dernières semaines, de faire abandonner les poursuites. Au total, huit affaires sont actuellement en instance devant la Cour, dont cinq concernant Elektra et deux Azteca. Le montant total des impôts réclamés par les autorités fiscales s’élève à 48 393 975 821 pesos (environ 2,5 milliards d’euros), incluant les pénalités, les surtaxes et les mises à jour.
Le Grupo Salinas justifie sa démarche par un manque de garanties procédurales, soulignant que certaines des dettes contestées remontent à plus de quinze ans. Le conglomérat affirme avoir tenté de résoudre le litige par voie judiciaire, sans succès.
Une partie des dettes réclamées par le SAT date de 2008, soit plus d’une décennie avant que Ricardo Salinas Pliego, président du Grupo Salinas, ne se présente comme un allié de l’administration du président Andrés Manuel López Obrador. Il avait alors cherché à négocier un accord fiscal qui n’a finalement pas abouti.
Dans son communiqué, le Grupo Salinas a également indiqué que ses dossiers avaient été inscrits à l’ordre du jour de la SCJN vendredi dernier, et que l’orientation des décisions était déjà visible, la jugeant défavorable à ses intérêts. Le groupe affirme que ces décisions ne sont pas définitives et envisage de saisir la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Parallèlement, il réitère sa demande au SAT de recalculer le montant de sa dette fiscale, qu’il estime à 74 milliards de pesos (environ 3,8 milliards d’euros).
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