Publié le 5 novembre 2025 à 15h47. Les Nations Unies et ONU Femmes ont manifesté leur soutien à Claudia Sheinbaum Pardo, candidate à la présidence mexicaine, après un acte de harcèlement sexuel dont elle a été victime, ravivant le débat sur la sécurité des femmes en politique et la culture de l’impunité au Mexique.
- L’ONU et ONU Femmes condamnent fermement le harcèlement subi par Claudia Sheinbaum Pardo.
- Des organisations de défense des droits des femmes dénoncent la « revictimisation » de la candidate en raison de sa réaction face à l’agression.
- Plus de 35 responsables politiques et législateurs mexicains expriment leur solidarité et réaffirment leur engagement à lutter contre la violence sexiste.
L’incident, survenu mardi en plein centre historique de Mexico, a suscité une vague d’indignation et de soutien à Claudia Sheinbaum Pardo. L’ONU a souligné « l’importance de prévenir et de condamner toutes les formes de violences à l’égard des femmes et de garantir leurs droits », rappelant que ces violences constituent une violation des droits humains et un crime qui doit être signalé et puni.
ONU Femmes a insisté sur le fait que « la violence contre les femmes ne peut être normalisée ou minimisée ». Moni Pizani Orsini, représentante d’ONU Femmes au Mexique, a déclaré s’associer « à l’appel du Secrétariat aux femmes et réaffirmait notre engagement à continuer de travailler, de concert avec les institutions de l’État mexicain, la société civile, le monde universitaire, le secteur privé, les médias et les citoyens dans leur ensemble, pour garantir le droit de toutes les femmes, adolescentes et filles à une vie sans violence ».
L’incident a également provoqué une vive réaction au sein de la classe politique mexicaine. La secrétaire aux femmes, Citlalli Hernández Mora, ainsi que les présidentes des instances féminines des entités fédérales (IMEF) et les présidentes des commissions pour l’égalité des sexes à la Chambre des députés, Anaís Burgos, et du Sénat, Martha Lucía Mícher, ont publié une déclaration commune exprimant leur « répudiation » de l’agression. Elles ont souligné qu’aucune femme n’est à l’abri du harcèlement sexuel au Mexique et ont réaffirmé leur détermination à combattre ce fléau.
Au-delà de la condamnation de l’acte, l’organisation Digital Defenders a dénoncé la « revictimisation » dont a fait l’objet Claudia Sheinbaum Pardo, critiquant ceux qui l’ont jugée sur sa réaction à l’agression.
« Pointer du doigt la dirigeante pour la façon dont elle a réagi à l’attaque est de la misogynie et reproduit la culture qui blâme les victimes au lieu de pointer du doigt les agresseurs. »
Digital Defenders
L’organisation a également exigé l’arrêt de la diffusion de la vidéo de l’incident, estimant que son partage sans consentement maintient la violence active et revictimise la candidate. « Le corps d’une femme n’est pas un territoire public », a-t-elle prévenu.
Cet incident intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la violence sexiste et le harcèlement des femmes au Mexique, et souligne la nécessité d’une action concertée pour garantir leur sécurité et leurs droits.
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