Publié le 12 janvier 2026. La Malaisie a rejoint l’Indonésie dans l’interdiction du chatbot d’intelligence artificielle Grok, développé par xAI, en raison de préoccupations croissantes concernant la création d’images sexuellement explicites sans consentement.
- La Commission malaisienne des communications et du multimédia (MCMC) a temporairement bloqué l’accès à Grok.
- L’interdiction fait suite à l’incapacité de xAI et de la plateforme X à mettre en place des garanties suffisantes pour prévenir les abus.
- Cette décision intervient après une vague de condamnations internationales concernant l’utilisation de l’IA pour générer des deepfakes sexualisés.
La MCMC a annoncé dimanche avoir ordonné le blocage de Grok après avoir constaté que X, la plateforme de médias sociaux également détenue par Elon Musk, s’était principalement concentrée sur les signalements d’utilisateurs et n’avait pas suffisamment pris en compte les risques inhérents à la conception et au fonctionnement de l’outil d’IA. Selon un communiqué de la MCMC, cette approche est jugée « insuffisante pour prévenir les dommages ou garantir le respect de la loi ».
L’annonce de la Malaisie fait écho à la décision de l’Indonésie, qui a été le premier pays au monde à interdire formellement Grok la veille. Le chatbot est proposé à la fois comme une application autonome et comme une fonctionnalité intégrée à X.
La controverse autour de Grok a éclaté ces derniers jours suite à l’utilisation de son outil de génération d’images pour créer des représentations sexualisées de personnes réelles, sans leur accord. La prolifération de ces deepfakes, dont certains impliquent des mineurs, a suscité une indignation généralisée et des appels à l’action de la part des autorités de plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Australie.
Initialement, xAI avait répondu à une demande de commentaires d’Al Jazeera par une réponse automatisée affirmant : « Legacy Media Lies » (Les médias traditionnels mentent). Un porte-parole a ensuite renvoyé Al Jazeera vers une déclaration antérieure de X, indiquant que la plateforme prenait des mesures contre les contenus illégaux, y compris la pédopornographie.
« Quiconque utilise ou incite Grok à créer du contenu illégal subira les mêmes conséquences que s’il téléchargeait du contenu illégal. »
X, communiqué de presse
La semaine dernière, Grok a commencé à limiter l’utilisation de son outil de génération d’images sur X aux abonnés payants, dans une tentative apparente d’apaiser la controverse. Cependant, cette mesure a été critiquée par des responsables européens et des militants, qui estiment qu’elle ne résout pas le problème fondamental de la facilitation de la création d’images non consensuelles.