Grenoble est à nouveau le théâtre de tensions autour de sa politique du livre. Des dizaines de personnes ont manifesté rue de la République pour dénoncer la fermeture de bibliothèques de proximité, une décision qu’ils estiment préjudiciable au tissu social et culturel de la ville.
La manifestation, organisée par le collectif « Gardons nos bibliothèques du Centre-Ville de Grenoble », intervient neuf ans après une première vague de fermetures qui avait déjà suscité l’indignation. En 2016, la municipalité de l’époque avait annoncé la fermeture de trois bibliothèques – Prémol, Hauquelin et Alliance – dans le cadre d’un « plan de sauvegarde des services publics », justifié par une économie de 300 000 euros.
Prémol, située dans le quartier du Village Olympique, était considérée comme le dernier accès aux services publics pour de nombreux habitants. La bibliothèque Alliance, rue Stalingrad, a résisté plus longtemps, mais a finalement fermé ses portes au premier semestre 2017. Les usagers et les habitants avaient tenté de s’opposer physiquement au déménagement des livres de Prémol, une action remarquée par Le Canard Enchaîné, qui titrait alors : « Des livres rongés par les Verts ». Grâce à cette mobilisation, une bibliothèque sur les trois a pu être sauvée.
Aujourd’hui, la municipalité annonce la construction d’une grande bibliothèque à Chavant, un projet perçu par les opposants comme un écran de fumée. Ils dénoncent une logique de centralisation des moyens, qui se traduit par la fermeture de nouvelles bibliothèques de proximité, notamment dans les quartiers du Jardin de Ville, du centre-ville et une partie de Kateb Yacine à Grand Place.
Brigitte Boer, conseillère d’opposition, de l’équipe d’Alain Carignon, a dénoncé une « culture sous tutelle » qui privilégie l’idéologie au besoin réel des habitants. « Les Verts/LFI ne cherchent qu’à laisser leur nom, leur marque », a-t-elle déclaré, alertant également sur le risque de dépassement de budget, comme ce fut le cas pour le siège de la métropole, dont le coût est passé de 47 à 129 millions d’euros.
« Une bibliothèque au centre-ville est un besoin également pour les enfants, qui ne pourront se rendre à Hoche », a souligné Brigitte Boer, rappelant que les fermetures successives constituent une « catastrophe » pour les habitants.
L’architecte grenoblois Jérôme Friedman a proposé un aménagement alternatif de l’Îlot République, intégrant une bibliothèque et des espaces verts, sans destruction de bâtiments existants.
Le collectif de sauvegarde des bibliothèques a déploré l’absence de réponse de plusieurs candidats aux élections municipales, dont Laurence Ruffin, Allan Brunon et Romain Gentil. Hakima Necib, co-responsable pour les municipales, s’est dite « attristée » par la « montée du populisme et des extrêmes », tout en se disant absente d’engagement formel.
Selon Place Gre’net, Laurence Ruffin poursuit une stratégie de silence sur les problèmes concrets, confirmant ainsi la continuité de la politique initiée par son prédécesseur. Seuls Alain Carignon et Réconcilier Grenoble se sont engagés publiquement à défendre les bibliothèques de proximité.
Les opposants estiment que la politique culturelle des Verts/LFI, en privilégiant une grille idéologique rigide, affaiblit l’accès à la culture pour tous, en particulier dans les quartiers populaires. Ils appellent les Grenoblois à voter pour des candidats qui s’engagent à préserver la diversité culturelle et l’accès égal aux œuvres et à la lecture publique.
À ne pas manquer
- Colombie | Le nouveau président promet de restaurer « l’ordre » et de combattre le « narcoterrorisme
- Colombie: Abelardo de la Espriella investi président de la Colombie
- L'OMS appelle à organiser un essai clinique avec l'ancien vaccin Ervebo pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (lederniereheure.com)