Publié le 16 janvier 2026. L’Espagne a réalisé 6 335 transplantations d’organes en 2025, confirmant son rôle de leader mondial en matière de dons et de greffes, grâce à la générosité des donneurs et à l’expertise de ses équipes médicales.
- En 2025, l’Espagne a dépassé pour la deuxième année consécutive le seuil des 6 300 transplantations d’organes.
- Le pays affiche un taux de 51,9 donneurs décédés pour million d’habitants, bien supérieur à la moyenne européenne et mondiale.
- Une nouvelle stratégie nationale pour la transplantation, axée sur l’augmentation de l’offre d’organes et l’amélioration de l’accès aux greffes, sera mise en œuvre jusqu’en 2030.
L’activité de don et de transplantation d’organes en Espagne continue de témoigner de l’excellence de son système de santé et de la solidarité de sa population. Selon le bilan d’activité présenté par la ministre de la Santé, Mónica García, et la directrice générale de l’Organisation nationale de transplantation (ONT), Beatriz Domínguez-Gil, 6 335 transplantations ont été réalisées en 2025, soit un taux de 129,0 pour million d’habitants (pmp). Ce chiffre, difficile à égaler, confirme la position de l’Espagne au premier plan mondial.
En détail, 3 999 transplantations de reins, 1 276 de foie, 556 de poumons, 390 de cœur, 103 de pancréas et 11 d’intestins ont été effectuées. Si l’activité de transplantation hépatique (-5%) et pulmonaire (-11%) a légèrement diminué, les transplantations de reins sont restées stables par rapport à 2024. Les transplantations cardiaques (+12%), pancréatiques (+6%) et intestinales (+175%) ont quant à elles connu une augmentation significative, avec un nombre record d’interventions cardiaques réalisées l’année dernière.
Ce volume de greffes a été rendu possible grâce à 2 547 donneurs décédés, représentant un taux de 51,9 pmp, un chiffre similaire à celui de 2024, année record. De plus, 408 personnes ont fait don d’un rein (402) ou d’une partie de leur foie (6) de leur vivant. En moyenne, huit personnes ont donné leurs organes chaque jour, permettant 17 transplantations quotidiennes.
Cinq axes stratégiques pour l’avenir
Le taux de 51,9 donneurs décédés pmp enregistré en Espagne en 2025 est significativement plus élevé que celui des autres pays, selon les données de l’Observatoire mondial du don et de la transplantation, géré par l’ONT en tant que centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé. En 2024, les États-Unis affichaient 49,7 donneurs pmp, l’Italie 30,6, la France 28,6, le Canada 22,9, la Suède 22,7, le Royaume-Uni 20,4, l’Australie 19,7, l’Allemagne 11,4 et l’Union européenne dans son ensemble 24,2 donneurs pmp.
La ministre García a souligné la difficulté de maintenir cette position de leadership pendant plus de trois décennies.
« Il est important de souligner que derrière chaque greffe, il y a des dizaines de professionnels de santé coordonnés par l’ONT qui font de chaque procédure une réussite. Sans oublier bien sûr que cette réalisation est possible grâce à la générosité des donneurs et de leurs familles. »
Mónica García, ministre de la Santé
Elle a également annoncé les grandes lignes de la nouvelle stratégie de l’ONT, élaborée en collaboration avec les communautés autonomes, qui vise à garantir l’accès à la transplantation pour tous les patients dans les meilleurs délais et avec les meilleures chances de succès. Cette stratégie, en attente de l’approbation finale de la Commission de transplantation du Conseil interterritorial du système national de santé, sera lancée cette année et se poursuivra jusqu’en 2030.
La nouvelle stratégie s’articule autour de cinq axes principaux : augmenter la disponibilité des organes de donneurs décédés, élargir la capacité de détection des donneurs potentiels et améliorer les différentes phases du processus de don ; promouvoir le don de rein vivant, en collaboration avec les sociétés scientifiques et les associations de patients ; améliorer l’accès à la transplantation, en termes d’indication et en réduisant les obstacles pour les patients présentant des difficultés particulières ; améliorer la mesure des résultats de transplantation et favoriser l’innovation ; et enfin, renforcer les équipes de coordination des transplantations. La ministre a insisté sur la nécessité d’adapter les ressources humaines à l’augmentation de 50% de l’activité de transplantation observée en plus d’une décennie.
L’asystolie, une source d’organes en plein essor
En 2025, l’importance du don d’organes après arrêt cardio-respiratoire (asystolie) a été confirmée, dépassant à nouveau le don après mort cérébrale. Avec 1 416 donneurs en asystolie (8% de plus qu’en 2024), ce type de don représente désormais 56% des donneurs en Espagne. L’Espagne est l’un des 25 pays au monde à pratiquer le don d’organes en cas d’asystolie, et le seul à transplanter tous les types d’organes provenant de ces donneurs. L’année dernière, 1 990 transplantations de rein, 622 de foie, 257 de poumons, 137 de cœur, 33 de pancréas, 4 d’intestin et une transplantation faciale ont été réalisées grâce à des donneurs en asystolie.
Le profil du donneur potentiel reste stable : les accidents de la route ne représentent que 3% des cas, la principale cause de décès étant l’accident vasculaire cérébral (52%). L’âge moyen des donneurs est élevé, avec 60% ayant plus de 60 ans, 32% plus de 70 ans et 5% plus de 80 ans. Le donneur le plus âgé enregistré en 2025 avait 93 ans.
Depuis 2021, la générosité des personnes demandant l’aide à mourir et souhaitant faire don de leurs organes contribue également à l’augmentation du nombre de greffes. 226 personnes ont donné leurs organes dans ces circonstances, permettant la greffe de 643 patients depuis l’entrée en vigueur de la loi réglementant cette pratique.
Une coopération nationale pour les patients en attente
Les patients rencontrant des difficultés particulières pour recevoir une greffe en raison de leurs caractéristiques anthropométriques, cliniques ou immunologiques restent une priorité pour l’ONT et le réseau de coordination et de transplantation. Grâce à ces efforts, 298 patients ont bénéficié d’une transplantation en urgence zéro et 180 enfants ont reçu un ou plusieurs organes. De plus, 193 patients hyperimmunisés, 170 patients rénaux participant au programme PATHI de l’ONT et 23 patients pulmonaires ont pu être transplantés grâce à de nouveaux programmes de priorisation lancés en 2025.
Malgré cette activité soutenue, 5 163 patients étaient toujours en attente d’une greffe au 31 décembre 2025, dont 77 enfants.
Douze communautés autonomes ont dépassé les 50 donneurs pmp et sept ont dépassé les 60 pmp en 2025. La Cantabrie est en tête du classement avec un taux de 103,4 pmp, suivie par la Navarre (88,2), les Asturies (64,4) et le Pays Basque (64,3). La Communauté valencienne (57,5) et l’Andalousie (54,4) se distinguent parmi les communautés autonomes de plus de 5 millions d’habitants. L’Aragon (+71%), le Pays Basque (+19%) et les Asturies (+16%) ont enregistré les plus fortes croissances.

L’ONT souligne que 1 416 greffes ont été réalisées grâce aux échanges d’organes entre communautés autonomes, représentant 23% du total. De plus, 6,5% des receveurs ont été transplantés dans un centre situé en dehors de leur communauté de résidence, témoignant de la cohésion du système espagnol de transplantation.
Les centres ayant enregistré la plus grande activité en 2025 sont : l’Hôpital clinique universitaire Virgen de la Arrixaca (donneurs maximum), l’Hôpital universitaire de Navarre (donneurs maximum sans transplantation), l’Hôpital universitaire central des Asturies (donneurs maximum en cas de mort cérébrale), l’Hôpital universitaire Marqués de Valdecilla (donneurs maximum en cas d’asystolie), l’Hôpital universitaire de Bellvitge (transplantation rénale maximum et transplantation rénale d’un donneur vivant maximum), l’Hôpital universitaire de La Fe (transplantation hépatique et cardiaque maximum), l’Hôpital universitaire Vall d’Hebron (transplantation pulmonaire maximum), l’Hospital Clínic (transplantation pancréatique maximum) et l’Hôpital universitaire de La Paz (greffe maximale d’enfant et nombre total maximum de patients transplantés).
En 2025, 17 transplantations rénales vivantes ont été réalisées dans le cadre du programme de transplantation rénale croisée géré par l’ONT, grâce à des cycles de 3 greffes et à quatre filières initiées par des donneurs altruistes, permettant 13 greffes supplémentaires. Un patient espagnol a également bénéficié d’une transplantation dans le cadre d’un cycle international de deux greffes réalisé avec le Portugal.
En juillet 2025, un arrêté ministériel a abrogé la règle de 1987 interdisant le don d’organes de personnes infectées par le VIH. Selon l’ONT, cette décision aurait permis de réaliser 165 greffes supplémentaires au cours de la dernière décennie, en utilisant les organes de 65 donneurs potentiels décédés et infectés par le VIH. Cette initiative aligne l’Espagne sur les pratiques internationales en matière de gestion des infections chez les donneurs.
L’ONT et la Coordination Autonome de Transplantation de la Communauté de Madrid ont approuvé un nouveau programme pour réaliser des transplantations cardiaques partielles. Fin 2025, l’Hôpital Univ. Gregorio Marañón a réalisé la première procédure de ce type sur un bébé de sept mois, permettant de remplacer uniquement la partie endommagée du cœur par du tissu qui grandit avec l’enfant, évitant ainsi de futures interventions chez les patients pédiatriques atteints de maladies valvulaires.
