Publié le 11 novembre 2025 à 20h40. Face à l’expansion industrielle, la commune de Moerdijk envisage de disparaître, une décision sans précédent pour ses 1 130 habitants.
- La municipalité de Moerdijk considère la fermeture du village comme la seule option viable pour permettre l’extension de la zone portuaire et industrielle.
- Un total de 450 hectares (environ 630 terrains de football) seraient nécessaires pour accueillir de nouvelles infrastructures, dont trois centrales énergétiques.
- Le conseil municipal espère obtenir des compensations du gouvernement national en échange de cette contribution à un projet d’envergure nationale.
C’est la décision la plus difficile que nous ayons jamais prise », a déclaré la municipalité lors d’une réunion publique convoquée spécialement pour les habitants de Moerdijk. L’avenir du village est désormais lié à l’essor de l’industrie dans la région, et les autorités locales estiment qu’il n’existe pas d’alternative réaliste.
Selon la municipalité, l’extension de la zone portuaire et industrielle doit se faire à l’est de l’emplacement actuel, où se trouve précisément le village de Moerdijk. La seule autre option, située au sud-est de la zone portuaire, est jugée inacceptable. L’échevin Dingemans a affirmé que cette alternative entraînerait des problèmes majeurs de qualité de vie dans quatre villages voisins (Moerdijk, Zevenbergen, Zevenbergschen Hoek et Langeweg), en plus de la gêne occasionnée par l’autoroute A17. « Il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire dans ce cas », a-t-il souligné.
Le projet d’extension nécessite un espace considérable : 450 hectares, soit l’équivalent de 630 terrains de football. Outre l’agrandissement du port et de la zone industrielle, la construction de trois nouvelles centrales énergétiques est prévue, afin de garantir l’approvisionnement électrique de la région. Des lignes à haute tension et un poste de transformation devront également être construits à proximité de ces centrales.
Le maire Moerkerke a reconnu que la décision avait été difficile à prendre. Il a décrit une « semaine riche en émotions », marquée par de nombreuses conversations avec les habitants de Moerdijk.
« Nous demandons un énorme sacrifice à nos résidents. »
Moerkerke, maire
Il a également exprimé sa compassion face aux questions persistantes sur la survie du village :
« Vous n’aurez qu’à vivre là-bas et vous devrez toujours faire face à cette incertitude. »
Moerkerke, maire
L’échevin Dingemans a insisté sur la nécessité de mettre fin à cette incertitude. Il a appelé les habitants à faire preuve de courage et à accepter l’idée d’aller de l’avant.
« Cette question récurrente sur la survie du village doit cesser. »
Dingemans, échevin
Il souhaite que les habitants comprennent que la municipalité ne peut plus continuer à promettre des études ou des solutions alternatives.
La municipalité espère que les habitants pourront encore profiter de leur village pendant une dizaine d’années. La construction des nouvelles centrales énergétiques devrait débuter en 2028, avec une mise en service prévue en 2033. Cependant, le conseil municipal souligne qu’il attend du gouvernement national une contrepartie financière et sociale en échange de cette contribution à un projet considéré comme une « tâche nationale ». L’objectif est de garantir une approche humaine, en offrant aux habitants des perspectives de relogement et une compensation financière adéquate, ainsi qu’un fonds pour assurer la viabilité du village tant qu’il existera encore.
Les détails de ce plan restent à définir, notamment en ce qui concerne le relogement des habitants. La municipalité envisage la possibilité de construire de nouveaux logements regroupés, afin de préserver le tissu social du village, mais cette option n’est pas une condition sine qua non. Le montant de la compensation financière pour les maisons n’a pas encore été déterminé.
Le plan du conseil municipal doit maintenant être approuvé par le conseil municipal, puis soumis au gouvernement national et à la province. Une décision finale est attendue pour le 1er décembre. La municipalité insiste sur le fait qu’il est impératif de prendre une décision à cette date.
« Attendre plus longtemps est inacceptable. »