Publié le 27 novembre 2025 08:51:00. La Norvège vient de mettre en service Olivia, son supercalculateur le plus puissant, conçu pour accélérer la recherche scientifique dans des domaines clés comme l’énergie et le climat, et avec un atout original : la chaleur dégagée par la machine sera réutilisée pour l’élevage de saumon.
- Olivia combine des processeurs AMD et des puces Nvidia pour multiplier par 16 la puissance de calcul nationale.
- Le supercalculateur est installé dans un centre de données souterrain, au cœur des mines de Lefdal, sur la côte ouest du pays.
- La chaleur résiduelle de la machine sera utilisée pour chauffer l’eau des fermes salmonicoles locales, réduisant ainsi l’empreinte environnementale.
Les scientifiques norvégiens célèbrent l’aboutissement d’un projet ambitieux : la construction du supercalculateur Olivia. Fruit d’une collaboration entre Hewlett Packard Enterprise (HPE) et la division nationale norvégienne de calcul scientifique Sigma2, ce nouveau système de calcul haute performance promet de révolutionner la recherche dans de nombreux domaines.
Situé dans un centre de données souterrain au sein des mines de Lefdal, Olivia intègre 504 des derniers processeurs Turin d’AMD et 304 puces Grace Hopper de Nvidia, avec une capacité de stockage de 5,3 pétaoctets. Ces composants de pointe permettent d’atteindre une puissance de calcul considérablement accrue, multipliant par seize les capacités nationales.
Bien que les puces Grace Hopper de Nvidia ne soient plus les accélérateurs les plus récents de l’entreprise, elles se distinguent par leur efficacité énergétique. Chaque puce, d’une puissance de 1 000 watts, combine un processeur Grace à 72 cœurs avec un accélérateur graphique H100 de 144 Go, offrant une puissance de calcul massive pour les tâches scientifiques et d’apprentissage profond les plus complexes.
Les chercheurs anticipent que Olivia soutiendra des avancées dans des domaines variés tels que les énergies renouvelables – notamment l’hydroélectricité –, la modélisation climatique, les sciences marines, la santé et le traitement du langage naturel. L’accès à cette machine ne sera pas réservé aux seuls experts de Sigma2, mais sera ouvert à l’ensemble de la communauté scientifique norvégienne.
Au-delà de sa puissance brute, Olivia se distingue par son approche durable. Le système réduit sa consommation d’énergie de 30 % par rapport à son prédécesseur, Betzy. Mais l’innovation la plus remarquable réside dans la réutilisation de la chaleur dégagée par les lames informatiques Cray EX4000 refroidies par liquide. Cette chaleur sera directement utilisée pour chauffer l’eau des élevages de saumons locaux, créant ainsi une boucle d’économie circulaire.
« Olivia ouvre un nouveau chapitre pour la recherche norvégienne. En combinant des performances de pointe avec l’efficacité énergétique unique du centre de données de la mine Lefdal, nous accélérons non seulement les avancées scientifiques, mais nous le faisons de manière responsable. »
Helge Stranden, conseiller principal pour le HPC et le stockage chez Sigma2
La combinaison de l’unité de traitement graphique (GPU) basée sur les processeurs Nvidia et de l’unité centrale de traitement (CPU) basée sur AMD permet à Olivia de traiter un large éventail de tâches de calcul haute performance et d’intelligence artificielle. Les GPU, devenus des composants essentiels des centres de données pour leur puissance de calcul, ont propulsé Nvidia au rang d’entreprise la plus valorisée au monde, dépassant brièvement le seuil de capitalisation de 5 000 milliards de dollars comme l’a rapporté récemment.
Si de nombreux projets scientifiques bénéficient du traitement parallèle offert par les GPU, tous ne le nécessitent pas. La conception d’Olivia, avec ses deux partitions distinctes, lui permet de s’adapter à une grande variété de besoins en calcul.