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La nouvelle arnaque qui porte préjudice aux entreprises

by Amélie Bernard

Publié le 29 novembre 2025 à 08h01. Les entreprises britanniques sont de plus en plus victimes d’une nouvelle forme de fraude, dite « amicale », où des clients obtiennent des remboursements sur des achats qu’ils ont effectivement réalisés, causant des pertes financières significatives et une frustration croissante chez les commerçants.

  • Le nombre de « fraudes amicales » ou rétrofacturations abusives est en forte augmentation au Royaume-Uni.
  • Les entreprises doivent non seulement rembourser le montant de l’achat, mais également payer des frais supplémentaires imposés par les sociétés de cartes de crédit.
  • Des experts mettent en garde contre les conséquences potentielles pour les consommateurs qui se livrent à cette pratique frauduleuse.

Les entreprises du Royaume-Uni constatent une hausse inquiétante des « fraudes amicales », une escroquerie insidieuse qui consiste pour les clients à contester légitimement un achat auprès de leur banque, alors qu’ils l’ont bel et bien effectué. Cette pratique, qui prend la forme de rétrofacturations abusives, engendre des pertes financières pour les commerçants et soulève des questions sur la protection des entreprises.

Le mécanisme est simple : le client reçoit un remboursement intégral, tandis que le vendeur se voit non seulement déduit du montant de l’achat, mais également assujetti à des frais supplémentaires pour le traitement de la rétrofacturation. Selon les estimations, ces frais peuvent atteindre 28 £ (environ 33 €) plus la TVA par transaction contestée.

Rusty Nart, propriétaire de Green Monkey London, un café situé à Tooting, dans le sud de Londres, et de Fingers Kebab à New Addington, témoigne de sa frustration face à cette situation. Il a pris les choses en main en menant ses propres investigations sur les réclamations frauduleuses. « Les gens viennent dépenser une certaine somme, puis, dans un délai de trois mois, ils disposent d’une fenêtre pour refacturer un paiement », explique-t-il. Il a même commencé à conserver tous les reçus papier pour pouvoir prouver les transactions en cas de litige.

Bien qu’il ait réussi à récupérer les fonds dans les cas où il a pu prouver la transaction, M. Nart déconseille aux autres commerçants d’adopter cette approche, la jugeant potentiellement dangereuse. Il déplore le manque de réaction des fournisseurs de cartes de crédit et des banques face à ce problème.

Selon Ariel Chen, PDG de Chargeflow, une entreprise spécialisée dans la lutte contre la fraude, cette situation est particulièrement préoccupante. Elle explique avoir été confrontée à ce problème lors de la gestion d’une entreprise de cosmétiques en ligne.

« Nous avons construit une marque de beauté mondiale à croissance rapide avec une box d’abonnement appréciée par des centaines de milliers de clients. Et puis les rétrofacturations ont frappé. »

Ariel Chen, PDG de Chargeflow

Les rétrofacturations ne sont pas un problème exclusivement britannique. Un rapport de LexisNexis Risk Solutions publié en 2025 révèle que la « fraude amicale », ou « fraude de première partie », a augmenté de 15 % en 2023 à 36 % en 2024 à l’échelle mondiale, devenant la première catégorie de fraude signalée. Les analystes prévoient que cette tendance va s’accentuer jusqu’en 2026, en raison de la détérioration de la situation économique et de la pression financière croissante sur les consommateurs.

Selon la société de technologie financière Worldpay, toutes les formes de fraude par carte de crédit, y compris la fraude amicale, ont coûté 551,3 millions de livres sterling (environ 650 millions d’euros) aux entreprises britanniques en 2023.

Les experts juridiques mettent en garde contre les conséquences potentielles pour les consommateurs qui se livrent à cette pratique frauduleuse. Selon Stuart-Miller Solicitors, la fraude par carte de crédit est passible de sanctions sévères en vertu de la Fraud Act 2006, pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison en cas de jugement devant la Crown Court.

Adam Scarrot, de UK Finance, souligne que, bien que cette pratique soit considérée comme une fraude, les rétrofacturations constituent une protection importante pour les consommateurs.

« C’est ce que nous appelons une fraude amicale, mais cela reste une fraude, et chaque fraude a une victime. »

Adam Scarrot, UK Finance

Il explique que le système est conçu pour trouver un équilibre entre la protection des consommateurs et celle des commerçants. Il conseille aux entreprises de mettre en place des stratégies de prévention, telles que la confirmation des commandes par SMS avant l’expédition des marchandises.

Que peuvent faire les entreprises ?

  • Tenir des registres méticuleux pour pouvoir défendre efficacement toute réclamation.
  • Utiliser des services de messagerie avec preuve de livraison pour fournir des preuves en cas de litige.
  • Investir dans des outils de prévention de la fraude et suivre les directives standard.
  • Adopter des conditions et des politiques de retour claires et conviviales pour encourager les remboursements ou les échanges en dehors du processus de rétrofacturation.
  • Donner la priorité à un bon service client.
  • Simplifier les processus de remboursement pour réduire le nombre de rétrofacturations.

UK Finance indique que les escroqueries aux rétrofacturations ciblent tous les types d’entreprises, mais qu’elles nuisent particulièrement aux petites entreprises. Des efforts sont en cours pour améliorer le traitement des litiges et garantir une plus grande équité et cohérence.

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