Publié le 2024-02-29. Une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle un lien significatif entre l’utilisation prolongée de la pilule contraceptive et un risque accru de cancer du col de l’utérus chez les femmes infectées par le virus du papillome humain (VPH).
- Les femmes porteuses du VPH et consommant la pilule contraceptive depuis plus de dix ans présentent un risque quatre fois plus élevé de développer un cancer du col de l’utérus.
- L’étude, menée dans plusieurs pays, n’a pas identifié de facteur lié à l’âge de début de la prise de la pilule ou à la durée exacte de son utilisation.
- Les experts recommandent l’arrêt de la pilule, une consultation oncologique et un suivi médical régulier incluant des tests Pap et un dépistage du VPH.
Des préoccupations existaient déjà quant à une possible corrélation entre la pilule contraceptive et le cancer du col de l’utérus. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIIRC), un organisme de l’OMS, a désormais publié les résultats d’une vaste étude qui viennent confirmer ces hypothèses avec des données statistiques solides.
L’étude multicentrique, dont les résultats ont été publiés en 2002, a été menée en Thaïlande, aux Philippines, au Maroc, au Brésil, au Pérou, au Paraguay, en Colombie et en Espagne. Les chercheurs se sont spécifiquement intéressés aux femmes infectées par le virus du papillome humain (VPH), principal facteur de risque dans le développement du cancer du col de l’utérus.
Les résultats indiquent que les femmes porteuses du VPH qui prenaient la pilule contraceptive depuis plus de dix ans avaient quatre fois plus de chances de développer un cancer du col de l’utérus que les autres. Il est important de noter que l’étude n’a pas révélé de lien significatif entre l’âge auquel les femmes ont commencé à prendre la pilule ou la durée précise de son utilisation et le risque accru.
Face à ces conclusions, les auteurs de l’étude recommandent en priorité l’arrêt de la pilule contraceptive et une consultation rapide avec un spécialiste en oncologie. Un suivi médical régulier, comprenant des tests Pap et un dépistage du VPH, est également essentiel pour détecter tout changement et assurer une prise en charge précoce.
La pilule contraceptive est une méthode de contraception hormonale (à base d’œstrogène et de progestérone) qui empêche l’ovulation et rend plus difficile le passage des spermatozoïdes dans le col de l’utérus. Elle fait partie des nombreuses options disponibles pour la planification familiale.