Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

La plupart des hésitations à l’égard du vaccin contre le COVID-19 sont liées à des préoccupations qui peuvent être surmontées, suggère une étude

Publié le 12 janvier 2026 23:33:00. Une vaste étude menée auprès de plus d'un million de personnes en Angleterre révèle que la majorité des réticences face au vaccin contre le Covid-19 sont liées à des inquiétudes spécifiques qui…

La plupart des hésitations à l’égard du vaccin contre le COVID-19 sont liées à des préoccupations qui peuvent être surmontées, suggère une étude

Publié le 12 janvier 2026 23:33:00. Une vaste étude menée auprès de plus d’un million de personnes en Angleterre révèle que la majorité des réticences face au vaccin contre le Covid-19 sont liées à des inquiétudes spécifiques qui peuvent être levées, ouvrant la voie à des stratégies de communication plus ciblées pour les futures campagnes de vaccination.

  • 65 % des personnes initialement hésitantes à se faire vacciner contre le Covid-19 ont finalement reçu au moins une dose.
  • Les principales raisons d’hésitation concernent l’efficacité du vaccin, les effets secondaires potentiels et la méfiance envers les laboratoires pharmaceutiques.
  • Certains types d’hésitation, notamment ceux liés à la grossesse ou à l’allaitement, sont plus facilement surmontables que d’autres.

L’hésitation vaccinale, déjà identifiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’une des dix principales menaces pour la santé mondiale en 2019, reste une préoccupation majeure de santé publique, comme en témoigne la récente baisse de la couverture vaccinale pour des maladies infantiles telles que la rougeole et la coqueluche. Une nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet, apporte un éclairage précieux sur les motivations derrière cette hésitation et sur les moyens de la contrer.

Réalisée par des chercheurs de l’Imperial College de Londres, l’étude a analysé les données d’une enquête longitudinale menée auprès de 1,1 million d’adultes (57 % de femmes, âgées de 18 ans et plus) entre janvier 2021 et mars 2022, pendant le déploiement initial du vaccin contre le Covid-19 au Royaume-Uni. Les attitudes initiales face à la vaccination ont été comparées aux données de vaccination réelles issues des dossiers du National Health Service (NHS) jusqu’au 7 mai 2024, afin d’identifier les différents profils d’hésitation.

Les participants avaient été interrogés sur leur intention de se faire vacciner et, pour ceux exprimant des réserves, sur les raisons de leur hésitation, parmi une liste de 23 options et une possibilité de réponse libre. Les résultats ont permis d’identifier huit catégories d’hésitation, allant des préoccupations concernant l’efficacité et les effets secondaires du vaccin à la perception d’un faible risque lié au Covid-19, en passant par la méfiance envers les développeurs de vaccins et la peur des vaccins en général.

L’étude révèle que 41 % des personnes hésitantes (12 498 sur 30 701) exprimaient des inquiétudes concernant les effets à long terme sur la santé, 39 % souhaitaient attendre de voir si le vaccin était efficace et 37 % craignaient les effets secondaires. Ces raisons variaient selon les groupes démographiques : les hommes étaient plus susceptibles de ne pas considérer le Covid-19 comme un risque personnel (18 % contre 10 % chez les femmes), tandis que les femmes étaient plus préoccupées par les conséquences potentielles sur la fertilité (21 % contre 8 % chez les hommes). Les personnes âgées de 74 ans et plus étaient également plus opposées aux vaccins en général que les jeunes adultes de 18 à 24 ans (12 % contre 2,5 %).

L’analyse du comportement vaccinal a montré que les personnes âgées, les femmes, les personnes d’origine noire, les chômeurs, les habitants de zones défavorisées, ceux ayant déjà contracté le Covid-19 et les personnes ayant un niveau d’éducation inférieur étaient plus susceptibles de rester non vaccinées. Cependant, les chercheurs ont constaté que les personnes exprimant des inquiétudes liées à l’efficacité du vaccin ou à des problèmes de santé étaient les plus susceptibles de changer d’avis et de se faire vacciner.

En revanche, celles exprimant un manque de confiance général, une perception de faible risque personnel ou un sentiment anti-vaccin étaient deux à trois fois moins susceptibles de se faire vacciner.

« Nous montrons que certains types d’hésitation à la vaccination sont plus facilement résolus que d’autres, par exemple les préoccupations liées à la grossesse ou à l’allaitement »,

Helen Ward, professeure à l’Imperial College de Londres et au National Institute for Health and Care Research Imperial Biomedical Research Center, Royaume-Uni

Selon le professeur Paul Elliott, co-auteur de l’étude, l’expérience du Covid-19 souligne l’importance de garantir l’accès à des informations fiables et compréhensibles pour permettre aux individus de prendre des décisions éclairées concernant leur santé. Des informations claires sur l’efficacité des vaccins et les risques potentiels sont particulièrement cruciales en période d’urgence sanitaire, où de nouvelles technologies vaccinales sont déployées rapidement à grande échelle.

Les auteurs reconnaissent certaines limites à leur étude, notamment des incohérences entre les données de vaccination du NHS et les déclarations des participants, ainsi qu’un possible biais de sélection dû au fait que les personnes hésitantes étaient moins susceptibles de consentir au couplage des données. Ils soulignent néanmoins la valeur de leurs conclusions pour guider les interventions de santé publique et s’assurer que les facteurs d’hésitation ne compromettent pas les campagnes de vaccination de routine ou saisonnières.

Dans un commentaire associé, le professeur Silvio Tafuri de l’Université de Bari Aldo Moro, en Italie, a salué la « contribution précieuse » de l’étude et a appelé à examiner si les facteurs d’hésitation identifiés s’appliquent également aux vaccinations ordinaires. Plus d’informations sur l’hésitation vaccinale aux États-Unis.

Détails de la publication : Profilage des attitudes face à la vaccination et de leur adoption ultérieure chez 1,1 million de personnes en Angleterre : une étude de cohorte à l’échelle nationale, The Lancet (2026). DOI : 10.1016/S0140-6736(25)01912-9

Informations sur la revue : The Lancet

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.