Publié le 15 décembre 2023 17h45. Une vaste étude internationale portant sur près de 50 000 enfants révèle que les régimes végétariens et végétaliens peuvent être compatibles avec une croissance saine, à condition d’être rigoureusement planifiés et complétés en nutriments essentiels.
- Une étude menée par des chercheurs italiens, australiens et américains a analysé les données de plus de 48 000 enfants de 18 pays.
- Les enfants suivant un régime végétarien ou végétalien présentent des apports plus élevés en fibres, fer, folate, vitamine C et magnésium, mais des apports inférieurs en énergie, protéines, vitamine B12 et zinc.
- Une supplémentation en vitamine B12, calcium, iode et zinc est cruciale pour garantir un développement optimal chez les enfants suivant ces régimes.
Le débat sur l’adéquation des régimes végétariens et végétaliens chez les enfants et les adolescents a pris une nouvelle dimension avec la publication d’une revue scientifique d’envergure. Une équipe de chercheurs de l’Italie, de l’Australie et des États-Unis a examiné les données de plus de 48 000 mineurs issus de dix-huit pays afin d’évaluer l’impact de ces habitudes alimentaires sur leur croissance, leur santé et leur nutrition.
L’étude, publiée dans la revue Critical Reviews in Food Science and Nutrition, conclut que ces régimes peuvent s’inscrire dans un développement sain, mais uniquement s’ils sont soigneusement planifiés et complétés en nutriments essentiels. Les résultats mettent en évidence des différences notables dans les apports nutritionnels entre les enfants suivant différents types de régimes.
La comparaison entre 7 280 lacto-ovo-végétariens, 1 289 végétaliens et 40 059 omnivores a révélé que les enfants végétariens consommaient davantage de fibres, de fer, de folate, de vitamine C et de magnésium que ceux qui incluaient de la viande dans leur alimentation. Cependant, leurs apports en énergie, en protéines, en graisses, en vitamine B12 et en zinc étaient inférieurs. Des tendances similaires ont été observées chez les végétaliens.
« Il est remarquable que la vitamine B12 n’atteigne pas des niveaux adéquats sans supplémentation ou aliments enrichis, et que les apports en calcium, iode et zinc se situent souvent dans la partie inférieure des fourchettes recommandées. Ce sont donc des nutriments importants à prendre en compte pour les enfants suivant un régime à base de plantes. »
Jeannette Beasley, professeure agrégée à l’Université de New York et co-auteure de l’étude
L’étude souligne en particulier la faiblesse des apports en calcium chez les enfants végétaliens. Les chercheurs ont également identifié des bénéfices potentiels pour la santé cardiovasculaire. Les enfants végétariens et végétaliens présentent des taux de cholestérol total et de LDL (le « mauvais » cholestérol) inférieurs à ceux des enfants omnivores.
En outre, les indicateurs de croissance suggèrent une tendance à une plus grande minceur : les enfants végétariens ont tendance à être légèrement plus petits, avec un poids, un indice de masse corporelle (IMC), une masse grasse et une teneur en minéraux osseux inférieurs. Des scores de taille et d’IMC plus faibles ont également été observés chez les végétaliens.
« Notre analyse des preuves actuelles suggère qu’un régime végétarien et végétalien bien planifié et correctement complété peut répondre aux besoins nutritionnels et favoriser une croissance saine chez les enfants. »
Monica Dinu, spécialiste de la nutrition et de la santé à l’Université de Florence et auteur principal de l’étude
Les chercheurs ne déconseillent pas les régimes végétariens ou végétaliens pour des raisons éthiques, environnementales ou de santé, mais insistent sur la nécessité d’une planification éclairée et, si possible, du soutien de professionnels de la nutrition et de la pédiatrie.
José Ordovas, directeur de la nutrition et de la génomique à l’Université Tufts à Boston, aux États-Unis et à l’Institut de Santé Carlos III en Espagne, a déclaré à Science Media Center Spain : « Dans l’ensemble, cette méta-analyse est une étude solide et bien menée. Elle inclut près de 50 000 enfants à travers cinquante-neuf études dans différents pays. » Il a également souligné que le travail « fournit une vision large et raisonnablement solide des régimes végétariens et végétaliens pendant l’enfance. Cependant, étant donné que la plupart des preuves sont observationnelles et transversales, les associations doivent être interprétées avec prudence. L’étude ne peut établir de causalité. »
L’étude met en avant l’importance de lignes directrices claires et fondées sur des données probantes pour accompagner les familles, en particulier pendant les périodes de croissance rapide. Les auteurs soulignent également les limites de l’étude, notamment la nature transversale de certaines données et les difficultés à évaluer précisément l’apport alimentaire des enfants.
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