Le volcan Olympus Mons, situé sur Mars, culmine à 21 229 mètres, soit près de trois fois la hauteur de l’Everest. Ce géant, le plus haut relief connu du système solaire, s’étend sur 300 000 km². Malgré sa stature colossale, aucune sonde n’a encore exploré ses flancs de près pour en analyser la composition. Les mesures topographiques actuelles reposent sur les données collectées par la sonde Mars Global Surveyor (MGS) de la NASA.
L’échelle vertigineuse d’Olympus Mons
Pour comprendre la domination d’Olympus Mons, il faut sortir des cadres de référence terrestres. Selon sciencepost.fr, ce volcan s’élève à 21 km au-dessus du datum global martien, appelé l’Aréoïde. À certains endroits, il domine ses environs immédiats de 26 km.

Le sommet est couronné par une caldeira complexe d’environ 80 km de diamètre, composée de six cratères imbriqués. Le volume total de l’édifice est estimé à environ 4 millions de kilomètres cubes.
L’écart avec les records de la Terre est massif :
- Olympus Mons (Mars) : 21 229 mètres.
- Everest (Terre) : 8 849 mètres.
- Nevados Ojos del Salado (Terre, plus haut volcan) : 6 800 mètres.
Au-delà de l’altitude, c’est l’emprise au sol qui stupéfie. Avec une superficie d’environ 300 000 km², le volcan occupe un espace comparable à celui de l’Italie ou des Philippines. Sa base s’étend sur environ 648 kilomètres. Si l’on posait cet édifice sur la France, il déborderait de toutes parts.
L’absence de tectonique : le secret du géant
Pourquoi la Terre n’a-t-elle jamais produit un tel monstre ? La réponse réside dans la structure interne des planètes. Sur Terre, la croûte est fragmentée en plaques mobiles. Lorsqu’un volcan se forme au-dessus d’un point chaud, le déplacement des plaques déplace la surface, créant des chaînes d’îles, comme c’est le cas pour Hawaï.

Sur Mars, le mécanisme est différent. L’ absence de tectonique des plaques signifie que la croûte reste fixe. La lave s’accumule donc indéfiniment au même point précis pendant des milliards d’années.
Olympus Mons est situé dans la région de Tharsis, un vaste plateau volcanique dont l’accumulation de masse a créé une anomalie gravitationnelle majeure, appelée mascon. Cette concentration de masse a contribué à modifier l’axe de rotation de la planète Mars au fil du temps.
L’apesanteur relative de Mars joue également un rôle crucial. Une gravité plus faible réduit les contraintes exercées sur la croûte, ce qui permet l’accumulation d’un volume de lave bien plus important avant que la structure ne s’effondre sous son propre poids.
Le paradoxe d’une pente invisible
Malgré sa hauteur record, Olympus Mons ne ressemble pas à un pic acéré. L’inclinaison moyenne de ses pentes ne dépasse pas 5 degrés. Cette caractéristique crée un effet d’optique trompeur : la montagne est si vaste et ses flancs si doux qu’un marcheur situé à mi-hauteur ne se rendrait pas forcément compte qu’il est en train de grimper.
L’édifice est entouré à sa base par une falaise abrupte, nommée falaise basale, dont la hauteur atteint localement 8 kilomètres. Cette structure résulte de glissements de terrain massifs ou de l’effondrement tectonique des flancs du volcan lors de sa phase de croissance.
Cette morphologie rend le volcan presque invisible pour un observateur situé à sa surface. En raison de la courbure de la planète et de la faible pente, le profil complet d’Olympus Mons échappe à la vue, même à distance. On pourrait techniquement se trouver sur le volcan sans même s’en apercevoir.
Un volcan potentiellement encore actif
Si Olympus Mons est souvent décrit comme un vestige du passé, les données suggèrent une réalité plus nuancée. Des signes d’activité géologique récente indiquent que ce volcan n’est peut-être pas complètement éteint.
L’analyse d’images haute résolution issues de la caméra HRSC (High Resolution Stereo Camera) de la mission Mars Express de l’Agence spatiale européenne (ESA) a permis d’identifier des coulées de lave dont l’âge est estimé entre 2 et 25 millions d’années. Ces dates, obtenues par la méthode du comptage des cratères, sont considérées comme très récentes à l’échelle géologique planétaire.
L’enjeu pour les futures missions spatiales est désormais clair : passer de l’observation orbitale à l’exploration directe. Jusqu’à présent, aucune sonde n’a exploré les flancs du volcan de près. L’analyse directe de ses couches de lave basaltique permettrait de dater précisément les dernières éruptions et de comprendre si le cœur de Mars conserve encore une chaleur capable d’alimenter des processus volcaniques.
L’étude d’Olympus Mons n’est pas qu’une question de records. C’est une fenêtre ouverte sur l’histoire thermique de Mars. Si le volcan a été actif récemment, cela change radicalement notre compréhension de la viabilité du sous-sol martien et des conditions nécessaires à l’émergence d’une activité géologique sur une planète considérée comme refroidie.