La solidarité avec le peuple iranien, confronté à une répression violente, peine à se traduire en unité politique en Italie. Des divisions sont apparues au sein du Parlement lors de votes successifs sur des résolutions visant à condamner les actions du régime de Téhéran et à soutenir les manifestants.
Au cœur de ces désaccords, la question d’une éventuelle intervention militaire unilatérale en Iran. Initialement, une résolution bipartite, élaborée par Stefania Craxi (Forza Italia) et Alessandro Alfieri (Parti démocrate, PD) au sein de la commission des Affaires étrangères du Sénat, visait à obtenir du gouvernement italien qu’il active toutes les initiatives diplomatiques pour dissuader les autorités iraniennes de recourir à la répression. Le texte demandait également une action coordonnée avec l’Union européenne pour obtenir la cessation de l’usage disproportionné de la force, le maintien des sanctions individuelles au niveau européen, et l’appel à l’abandon de la peine de mort comme instrument de répression.
La résolution prévoyait également de travailler à rétablir un accès complet à Internet en Iran. Malgré un accord initial pour un vote unanime, le Mouvement 5 étoiles (M5S) a finalement choisi de s’abstenir, invoquant l’absence de condamnation explicite de « toute intervention militaire unilatérale » en Iran, une référence implicite à une possible action des États-Unis. « Nous partageons totalement la ligne de soutien aux protestations », a déclaré le M5S, tout en soulignant cette lacune.
Le 15 janvier, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés a à son tour examiné la question. Le M5S s’est de nouveau abstenu sur la résolution commune, mais a présenté un texte alternatif, cosigné par Nicola Fratoianni (Gauche italienne, Avs), qui incluait explicitement la condamnation des actions militaires unilatérales. Cette proposition a été adoptée uniquement par les députés du M5S, d’Avs et du PD. Cependant, le vote a été marqué par une dissidence au sein du PD : la députée Lia Quartapelle et Benedetto Della Vedova (+Europa) ont choisi de ne pas participer au scrutin, en signe de protestation contre la position du M5S.
Ces divisions parlementaires interviennent alors que la communauté internationale s’inquiète de la répression des manifestations en Iran. Le 16 janvier, des représentants du PD, d’Avs et du M5S ont participé à une manifestation organisée par Amnesty International à Rome pour dénoncer la violence exercée contre les manifestants iraniens. Malgré cette condamnation commune de la répression, la recherche d’un consensus politique sur la manière de réagir au Parlement italien s’avère complexe.
