Publié le 24 décembre 2025 14:54:00. La pollution atmosphérique croissante en Asie du Sud-Est modifie les schémas de précipitations, déplaçant les pluies des terres vers l’océan et intensifiant les risques d’inondations côtières, selon une nouvelle étude.
- L’augmentation des aérosols atmosphériques, issus de la combustion de biomasse, de la pollution urbaine et des activités industrielles, perturbe l’équilibre climatique régional.
- Les précipitations deviennent jusqu’à 50 % plus intenses au-dessus des océans, tandis qu’elles diminuent sur les terres.
- Ces changements pourraient avoir des conséquences importantes pour la gestion de l’eau, la sécurité alimentaire et la préparation aux catastrophes naturelles dans la région.
Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université nationale de Pusan, en Corée du Sud, révèle que les particules fines en suspension dans l’air, appelées aérosols, ont un impact significatif sur les régimes de précipitations dans le continent maritime – une zone comprenant l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, le Vietnam, la Thaïlande, les Philippines et les mers environnantes. Cette région est particulièrement touchée par la pollution due à une industrialisation et une urbanisation rapides.
Selon le professeur Kyong-Hwan Seo, auteur principal de l’étude, du Département des sciences atmosphériques et du Centre de recherche pour les sciences du climat de l’Université nationale de Pusan,
« À mesure que les concentrations d’aérosols augmentent, le régime des précipitations passe d’un régime terrestre à un régime dominé par l’océan. »
Kyong-Hwan Seo, professeur, Département des sciences atmosphériques, Université nationale de Pusan
Ce phénomène est dû au fait que les aérosols refroidissent davantage la surface terrestre que l’océan, créant un contraste qui favorise la montée de l’air et la formation de tempêtes au-dessus des mers.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont combiné des modèles atmosphériques haute résolution avec des données satellitaires de la NASA. Ils ont simulé différents niveaux d’aérosols lors d’un événement d’oscillation Madden-Julian (MJO) en 2011, une fluctuation tropicale qui influence les précipitations à l’échelle mondiale. Les résultats ont été cohérents : des concentrations d’aérosols plus élevées entraînent un déplacement des précipitations vers l’océan.
L’étude souligne également que la pollution perturbe le cycle quotidien des précipitations. Au lieu des orages de fin d’après-midi typiques de la région, les niveaux élevés d’aérosols retardent le pic des précipitations jusqu’à minuit, car l’air pollué limite le réchauffement diurne et permet à la chaleur et à l’humidité de s’accumuler.
Les implications de ces découvertes sont importantes pour la prévision météorologique et la préparation aux inondations dans une région déjà vulnérable aux événements climatiques extrêmes. Les chercheurs suggèrent que l’intégration des effets des aérosols dans les modèles climatiques pourrait améliorer les prévisions de la MJO, des moussons et des précipitations tropicales intenses.
« Des villes comme Jakarta et Manille pourraient bénéficier de meilleures prévisions de précipitations à court terme lors d’épisodes de brume ou de pollution, aidant ainsi les autorités à se préparer aux inondations urbaines, à allouer des ressources et à atténuer les risques pour les infrastructures et les transports. »
Chercheurs de l’Université nationale de Pusan
Ces connaissances pourraient également renforcer la gestion de l’eau, la sécurité alimentaire et la planification énergétique pour des millions de personnes en Asie du Sud-Est.
Source: Université nationale de Pusan; Image: EyeEm/Freepik
L’étude peut être consultée à l’adresse suivante : Effets des aérosols sur les précipitations sur le continent maritime : intensification océanique et retard du cycle diurne terrestre
Avertissement : cet article ne reflète pas nécessairement les opinions d’AsianScientist ou de son personnel.