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La pollution lumineuse des mégaconstellations de satellites affectera les télescopes

by Thomas Caron

Publié le 4 décembre 2025 à 09h24. L’essor fulgurant des constellations de satellites menace de compromettre les observations des télescopes spatiaux, avec des conséquences potentiellement graves pour la recherche astronomique. Une étude de la NASA révèle que jusqu’à 96 % des données collectées par certains observatoires pourraient être affectées d’ici 2037.

  • Le nombre de satellites en orbite a été multiplié par plus de sept en cinq ans, passant de 2 000 à 15 000, et pourrait atteindre 560 000 d’ici 2037.
  • Selon une étude du centre de recherche Ames de la NASA, plus d’un tiers des images du télescope spatial Hubble pourraient être compromises, tandis que d’autres télescopes pourraient perdre plus de 96 % de leur capacité d’observation.
  • Les chercheurs proposent des solutions pour minimiser la pollution lumineuse, comme la réduction du nombre de satellites ou leur placement sur des orbites plus basses, tout en soulignant les risques potentiels pour la couche d’ozone.

L’espace devient un terrain de plus en plus encombré. En seulement cinq ans, le nombre de satellites artificiels en orbite autour de la Terre a connu une croissance exponentielle, passant de 2 000 à 15 000. Les prévisions les plus alarmantes estiment que ce chiffre pourrait atteindre 560 000 d’ici 2037, principalement en raison du déploiement massif de mégaconstellations comme Starlink, OneWeb, Astra et Guowang. Cette prolifération, bien qu’elle offre de nouvelles opportunités en matière de communication et d’observation de la Terre, a un coût : la pollution lumineuse qu’elle génère menace désormais l’environnement et, plus particulièrement, le fonctionnement des télescopes spatiaux.

Une étude récente du centre de recherche Ames de la NASA, publiée dans la revue Nature, met en évidence l’ampleur du problème. Les simulations menées par l’équipe dirigée par Alejandro S. Borlaff, chercheur à la NASA, montrent que si les lancements prévus se concrétisent, le célèbre télescope spatial Hubble pourrait voir plus de 39,6 % de ses images affectées par des traînées lumineuses. Les autres télescopes spatiaux, tels que SPHEREx, ARRAKIHS (de l’Agence spatiale européenne, ESA) et Xuntian (programme chinois), seraient encore plus touchés, avec une perte potentielle de plus de 96 % de leurs données.

Le principe est simple : lorsque les satellites orbitent autour de la Terre, ils réfléchissent la lumière du soleil, créant des traînées lumineuses qui peuvent être captées par les télescopes spatiaux. Ces traînées peuvent rendre les images totalement inutilisables pour les astronomes, compromettant ainsi des années de recherche.

L’étude a simulé la vue de quatre télescopes spatiaux situés entre 400 et 800 kilomètres d’altitude. Les résultats sont sans appel : le nombre moyen de satellites observés par exposition varierait de 2,14 pour Hubble à 92 pour Xuntian.

Face à cette menace, les chercheurs proposent plusieurs pistes de solution. L’une d’elles consiste à réduire le nombre de satellites envoyés dans l’espace ou à les placer sur des orbites plus basses que celles des télescopes. Cependant, cette dernière option pourrait avoir des conséquences néfastes sur la couche d’ozone terrestre, un aspect que les auteurs de l’étude reconnaissent.

L’étude souligne également que la baisse des coûts de lancement des charges utiles a favorisé la prolifération des satellites, mais que l’impact de cette prolifération sur la recherche scientifique a été jusqu’à présent largement négligé. Il est donc crucial de trouver un équilibre entre le développement de l’industrie spatiale et la préservation de l’environnement astronomique.

Référence :

« Les mégaconstellations satellitaires menaceront l’astronomie spatiale ». Nature, 2025.

Droits : Creative Commons.

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